En prélude à la convocation du Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC) du 22 février 2024 à Bangui, la réunion du traditionnel Comité Inter-Etats de la CEMAC a eu lieu du 19 au 20 février 2024 à Bangui en  vue de procéder à la préparation des délibérations du conseil des ministres de l’UEAC ainsi qu’à l’examen et à la formulation des avis sur tout dossier projet  de rapport ou textes inscrits à l’ordre du jour du  Conseil des ministres conformément au règlement 04/19 de l’UEAC portant règlement intérieur du CIE de la CEMAC. Cette réunion a été présidée par Opportune Pouninguiza, directrice de Cabinet du ministère du Plan, représentante du président du comité inter états de la CEMAC et Charles Assamba Ondogo vice-président de la commission de la CEMAC.

L’élaboration du budget 2024 s’est faite dans un contexte institutionnel marqué par la suite de la mise en œuvre du programme de réformes institutionnelles de la communauté, face aux nombreux défis de gouvernance, en application des recommandations de la 40e session ordinaire du conseil des ministres, tenue le 30 octobre 2023, à Bangui lesquelles requéraient, de la commission de la CEMAC, la prise en compte dans le budget de la Communauté, de la commande de l’élaboration d’un plan d’action chiffré et de la présentation d’une feuille de route dédiée à la mise en œuvre  dudit plan d’action.

Passant de 3,5% en 2022 à 3,0% en 2023 et 2,9% en 2024, soit bien moins que la moyenne historique (2000_19) de 3,8%, dans les pays avancés, on attend un ralentissement, la croissance passant de 2,6% en 2022 à 1,5% en 2023 puis à 1,4% en 2023 et 2024 alors que les effets du durcissement de la politique monétaire commencent à se faire sentir.

Les pays émergents et les pays en voie de développement devraient voir leur croissance reculer légèrement, de 4,1% en 2022 à 4,0% en 2023 et 2024. L’inflation mondiale devrait régulièrement reculer, de 8,7% en 2022 à 6,9% en 2023, puis à 5,8% en 2024, en raison du resserrement de la politique monétaire facilité par une baisse des cours internationaux des produits de base. L’inflation hors énergie et l’alimentation devrait diminuer plus progressivement, et globalement l’inflation ne devrait pas retrouver sa valeur cible avant 2025 dans la plupart des pays.

Charles Assamba Ondogo vice-président de la commission de la CEMAC s’en explique : «En dépit de l’adoption de politiques de relance post-Covid-19, notamment l’adoption de programme économique et financier de deuxième génération, engagés avec l’aide du FMI, décidée lors du sommet extraordinaire de la conférence des chefs d’État  ténue à Yaoundé le 18 août 2021 pour répondre à ce cycle récessif de fluctuations qui tend même vers la dépression, les effets de cette tendance récessive et dépressive se sont inexorablement traduits, en 2022, par une diminution drastique des recettes dans les comptes de la communauté, une situation grandement baissière par rapport aux années précédentes. Aussi, en 2023, à mi-parcours, les contributions pour fonctionnement des institutions ont-t-elles été réalisées, seulement à hauteur de 48,05% des prévisions budgétaires».

Opportune Pouninguiza représentante du président du comité inter états de la CEMAC souligne que : «L’élaboration du présent projet du budget intervient dans un contexte de la forte inflation causée par différents chocs exogènes et indigènes ayant des conséquences significatives sur nos économies. En guise d’illustration de ces chocs,  la dépendance continue à certains produits de première nécessité provenant de l’extérieur. Les conséquences de la guerre en Ukraine au moyen Orient et des conflits au Soudan et en RDC pour ne citer que cela. Notre sous-région reste confrontée aux risques d’accroissement des vulnérabilités liés à la dette et au climat causant l’insécurité alimentaire».

Sur ces hypothèses, les prévisions budgétaires inscrites dans le projet de budget de la communauté, au titre de l’exercice 2024, au demeurant entamé, sont arrêtés en équilibre à la somme de 93.584.287.669 FCFA. Elles sont en hausse de 21.397.025.236 FCFA en valeur absolue, soit 29,64% en valeur relative par rapport à l’année 2023 dont le montant avait été arrêté à la somme de 72.187.262.433 FCFA.

En ressources, les prévisions sont arrêtées à la somme de 93.584.287.669 FCFA, en hausse de 29,64 par rapport à l’exercice 2023.

Elles se décomposent en recettes ordinaires estimées à 61.533.545.000 FCFA dont 57.105.000.000 FCFA par TCI, en deçà de son potentiel évalué à 77,6 milliards de FCFA et 4.578.545.000 FCFA au titre des recettes propres.

Les recettes extraordinaires sont évaluées à 31.900.742.669 FCFA dont 7.734.358.185 FCFA accordés par le FODEC et 24.166.384.484 FCFA par les partenaires extérieurs. L’atteinte de ce niveau des ressources nécessitera d’initier une collaboration partagée et rassurante avec les autorités financières des pays de la CEMAC pour un recouvrement plus efficace de la TCI.

En emplois, les prévisions sont arrêtées à la somme de 93.584.287.669 FCFA. Elles observent une hausse par rapport à l’exercice 2023, en liaison avec les charges relatives à la relocalisation de la commission de la CEMAC et de l’EIED dans leur siège à Bangui, à l’apurement partiel de la dette de la communauté, aux acquisitions liées à l’entrée en fonction des nouveaux responsables des institutions communautaires, aux recrutements ciblés et indispensables et enfin, aux payements des droits des nombreux fonctionnaires de la communauté admis à faire valoir leurs droits à la retraite.

Dorcas Bangui Yabanga