Après plus d’un mois de suspension, le procès dit de Bossembélé a repris ce mardi 11 août 2026 à la Cour pénale spéciale. Pour cette première journée de reprise, les débats étaient consacrés à trois demandes : l’écartement de certains chefs d’accusation ainsi que d’un témoin, et le contre-interrogatoire du témoin Michelle Béngba. Ces demandes ont été formulées par la défense des accusés.
Sur le premier point, la défense a réitéré sa demande d’écarter les crimes fondés sur des motifs économiques et politiques, dont les preuves n’auraient pas été démontrées.
L’avocat de l’accusé Eugène Barret Ngaïkosset, Me Jacob Sangone, a demandé que les crimes par meurtre commis par son client, par l’intermédiaire d’éléments de la garde présidentielle, soient écartés de la procédure.
De même, pour les accusés Vianney Semndiro, François Bozizé et Firmin Junior Danboy, leurs conseils ont demandé l’écartement des faits d’accusation de crime contre l’humanité par meurtre.
En réagissant, le parquet spécial a attiré l’attention de la Cour sur le fait que ce débat sur l’écartement des éléments ne contribuerait pas à l’avancement de la procédure et que personne ne serait injustement jugé pour des faits qu’il n’a pas commis.
La partie civile a également estimé que ces observations sont de nature à retarder la procédure.
Concernant les témoins dont la défense a demandé l’écartement des témoignages, le parquet a également laissé le soin à la Cour de statuer.
La défense a justifié cette deuxième demande par le fait que la déclaration de ce témoin serait hors saisine. Cependant, l’accusation a déclaré ne pas comprendre pourquoi la défense souhaite que ces éléments soient écartés.
« Le fait d’exclure les faits et d’exclure un témoin est différent. Que l’intégralité du témoignage ne soit pas écartée parce que ce dernier a vécu les derniers instants des événements, alors que l’accusé Danboy était à cette époque commandant du Centre d’instruction de Bossembélé », a rappelé le substitut du procureur spécial.
La partie civile a estimé qu’il serait judicieux d’écarter certains éléments du témoignage, mais pas sa totalité, ce que la défense a refusé.
S’agissant du troisième point, la demande de la défense de Vianney Semndiro de contre-interroger le témoin Michelle Béngba, l’avocat Euloge Fortune Mokpat a justifié cette requête par le fait qu’au cours de son audience, deux incidents ont été relevés et qu’il souhaite les porter à la connaissance de la Cour.
Selon lui, sa demande ne s’inscrit pas dans une logique dilatoire ou polémique. Il a relevé des défauts dans les moyens de retransmission des témoignages ou des débats lors des audiences et souhaité que les déclarations soient consignées afin de pouvoir y revenir au besoin.
Le parquet, en réagissant à cette demande, a relevé qu’il s’agit d’un incident d’audience ou de procédure et a demandé que les déclarations des témoins soient consignées au procès-verbal.
Le ministère public a affirmé ne pas être convaincu de la clarté de cette demande soulevée par la défense. Le substitut Romaric Kpangba l’a qualifiée de demande non fondée et dilatoire.
La partie civile a également dit ne pas reconnaître le bien-fondé de cette requête.
Le rôle étant épuisé, la suite de la procédure a été renvoyée au 21 août prochain.
Déus Gracias Tchémanguéré

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