La République centrafricaine, à l’instar des autres pays du monde a célébré le vendredi 19 juin la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Cette journée a été marquée par une cérémonie organisée au Centre de Recherche et de Traitement de la Drépanocytose (CRTD), sous le haut patronage de la Première Dame, Mme Brigitte Touadéra, marraine du centre et présidente de la Fondation Cri de Cœur d’une Mère.
Placée sous le thème « Réduire l’écart de survie : l’équité dans la prise en charge de la drépanocytose », cette journée est consacrée à la sensibilisation et à la solidarité envers les personnes atteintes de cette maladie génétique. La cérémonie a réuni des autorités sanitaires, des professionnels de santé, des partenaires techniques ainsi que des patients et leurs familles.
La drépanocytose demeure l’une des maladies héréditaires les plus répandues dans le monde et constitue un véritable défi de santé publique en Afrique subsaharienne. Célébrée chaque 19 juin, cette journée vise à informer la population sur les risques liés à la maladie, à promouvoir le dépistage précoce et à encourager une meilleure prise en charge des patients.
Dans son mot de bienvenue, la directrice du Centre de Recherche et de Traitement de la Drépanocytose (CRTD), Lorna Nguilelo a tenu à remercier la Première Dame pour son soutien constant au centre. Elle a notamment déclaré :
« Cette maladie n’est plus une honte à cacher, mais un combat à mener ensemble. La drépanocytose est silencieuse parce qu’on la rend silencieuse. C’est cette spirale que nous voulons briser : moins de silence, plus de dépistage ; moins de fatalité, plus de soins. C’est pour cela que nous travaillons, mois après mois, à renforcer nos capacités de dépistage, à former davantage de soignants et à réduire la distance entre une famille inquiète et une réponse médicale fiable. »
Parmi les moments forts de la cérémonie figure le témoignage de Dedou Ouanga Claudine Félicité Martine, étudiante en troisième année de licence en comptabilité et gestion, atteinte de drépanocytose depuis son plus jeune âge.
« Je suis drépanocytaire depuis l’âge de six mois. Grandir avec la drépanocytose n’est pas facile. À l’école, je me suis souvent sentie à l’écart parce que je tombais fréquemment malade. Beaucoup de personnes vivant avec cette maladie sont discrètes et fragilisées à cause de la stigmatisation. Arrivée en classe de seconde, j’ai été paralysée et je ne pouvais plus marcher. J’ai dû vivre en fauteuil roulant, puis me déplacer avec des béquilles. J’ai perdu deux années de ma vie à rester alitée. Je suis devenue un poids pour ma mère, mais elle ne m’a jamais abandonnée. Grâce à mon traitement, au soutien de ma mère et à l’accompagnement psychologique du centre, j’ai progressivement retrouvé mon autonomie. Aujourd’hui, je marche avec détermination. Vivre avec la drépanocytose ne signifie pas renoncer à ses rêves », a-t-elle témoigné avec émotion.
Au cours de son intervention, le ministre de la Santé publique et de la Population, Pierre Somsé, a adressé trois messages essentiels aux personnes vivant avec la drépanocytose : un message de vérité, un message d’espoir et un message d’engagement.
« En ce jour solennel, je souhaite porter trois messages : un message de vérité, un message d’espoir et un message d’engagement. La vérité est que la drépanocytose frappe sans distinction de milieu social, de région ou de famille. En République centrafricaine, on estime que 2 à 3 % de la population est atteinte de la forme homozygote de la maladie, tandis qu’un enfant sur cinq est porteur du gène drépanocytaire. Cette maladie continue de tuer en silence et de provoquer d’immenses souffrances. Le message d’espoir réside dans la création du Centre de Recherche et de Traitement de la Drépanocytose, qui constitue une véritable victoire pour les patients, les familles et la recherche médicale dans notre pays. Enfin, notre message d’engagement est clair : le gouvernement entend renforcer le dépistage néonatal afin que chaque enfant né sur le territoire centrafricain puisse être diagnostiqué dès les premiers jours de sa vie », a-t-il déclaré.
À l’issue de la cérémonie, les participants ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les efforts de sensibilisation, de prévention et de prise en charge afin de réduire l’impact de la drépanocytose en République centrafricaine. Comme chaque année, cette journée rappelle que la lutte contre cette maladie est l’affaire de tous.
Freddy Ulrich Tanga

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