Le lycée de Mongoumba situé à près de 200 Km de Bangui dans la Lobaye éprouve un certain nombre de difficultés. A cela s’ajoute la déperdition scolaire des filles dans la région à cause du mariage précoce.

Ce lycée au paravent collège d’enseignement général (CEG) a été construit dans les années 1970 avant de devenir lycée vers 1982. Ce lycée disposait de cinq salles de classe. Son état de délabrement a conduit le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à procéder à la construction de deux bâtiments supplémentaires, ceci dans le cadre de son programme d’appui aux retournés et aux communautés locales.

Malgré cet appui, cet établissement public a un gros défi à relever en en ce qui concerne la fréquentation scolaire des filles qui reste très faible.

Sur environ 1500 élèves attendus cette année à cause de l’augmentation de la capacité des salles et de la disponibilité des tables bancs, Daniel Nguema, censeur du second cycle déplore la faible fréquentation des filles. « L’année dernière, sur au moins 1000 élèves, on comptait 200 filles au départ et finalement 100 à la fin de l’année. Dans une salle, sur une moyenne de dix filles, on se retrouve avec une ou trois à la fin de l’année », a-t-il déploré.

Cette déperdition scolaire des filles se justifie selon les responsables de ce lycée par le mariage précoce ou la grossesse précoce. « Nous avons encore du travail à faire auprès des parents pour laisser les filles venir à l’école », a ajouté Daniel Nguema.

Manque d’enseignant, un frein

L’un des défis à relever au lycée de Mongoumba reste le nombre limité d’enseignants. « Nous n’avons que cinq personnel pour le bloc administratif et deux professeurs titulaires. Quatre enseignants vacataires appuient aussi le lycée. Nous avons besoin en urgence des professeurs de français, des sciences économiques et des mathématiques », a fait savoir de son côté le censeur du 1er cycle Vincent Siroh.

Même si les deux censeurs et le proviseur interviennent, l’effectif d’enseignants reste insuffisant. Selon Vincent Siroh, l’un des problèmes reste la réhabilitation du bloc administratif secondaire et du bâtiment de cinq classes qui est en ce moment délabré.

Un parent d’élève du lycée de Mongoumba invite le gouvernement à faire sa part. « Le HCR a construit deux bâtiments et un bloc administratif. Le gouvernement devrait en profiter pour réhabiliter le vieux bâtiment et l’ancien bloc administratif. Mais tout laisse penser qu’il n’a pas mis cette réhabilitation parmi ses priorités », a fait observer ce parent qui regrette surtout l’absence de l’association des parents d’élèves de ce lycée.

Le taux de réussite aux examens de l’année scolaire 2019-2020 reste faible au baccalauréat. Deux élèves sur 30 sont admis alors que 90% des élèves sont admis au brevet des collèges.

Fridolin Ngoulou