Au premier regard, on peut dire que le pont de PK 9 qui relie la capitale Bangui et la préfecture de la Lobaye est une dangereuse passerelle.

Pont PK9, traversée dangereuse à pieds

 Il faut avoir la foi d’Abraham pour traverser le pont à pied, à chaque fois que l’on effectue un pas, on pense que bientôt le pont va s’écrouler. On marche sur le pont avec le cœur serré et les pieds tremblants. Plus grave en camion six (06), huit (08), dix (10) et dix-huit (18) roues qui sont les CBH qui transportent des grumes et qui malheureusement passent tous les jours sur ce pont. Tout porte à croire que les conducteurs des engins et les piétons vivent dans une inquiétude perpétuelle de son possible effondrement.

Construit à partir de l’année 1945 par la coopération allemande, c’est-à-dire à l’époque coloniale, le pont de PK 9 à la sortie sud de Bangui est aujourd’hui abandonné à lui-même. Malgré que les médias ne cessent de parler de son état de dégradation. Les bêtons de support sont affaiblis, le tablier dégradé, les barres de sécurité sont cassées et il y a des nids de poule communément appelés « dû tî kisoro » sur le pont,  montrant combien de fois sa dégradation est très avancée. Logiquement, ce pont est déjà hors usage mais hélas, on l’emprunte toujours. Une triste réalité qui met en péril la vie des usagers.

« Je me demande si vraiment le gouvernement n’est pas au courant de la dégradation avancée du pont de PK9 ? Les grumiers et les véhicules de transport en commun qui font des navettes avec des surcharges sont un réel danger de mort que nous courons tous les jours », s’est plaint Jacques, chauffeur d’un camion de transport en commun appelé Gbalikouma en sängö.   

Pour Stevie, une habitante de Bimbo, les autorités centrafricaines jouent toujours au pompier après l’incendie : «  Un jour, à notre réveil, on entendra dire que le pont de PK 9 s’est effondré soit avec un camion ou tout seul. C’est ce qui était arrivé au pont de Langbachi en 2012 dommage que cela ne sert pas de leçon à nos dirigeants ».

Du pont PK9, le tronçon Bimbo Petevo en dégradation avancée

En outre, la dégradation très avancée du pont de PK 9 fait tronc commun avec celle du tronçon de Bimbo-Petevo. Le constat est vraiment amer du fait que l’état de la dégradation de la route laisse à désirer.

 « Les amortisseurs de nos motos sont tous fatigués. Cela est dû à la dégradation avancée de route. Nous en avons marre avec les nids de poule (dû tî kisoro) , comme si Bimbo se trouve à mille kilomètres de la capitale. Il est important que le tronçon Bimbo-Petevo soit réhabilité le plus vite possible puisque c’est le devoir du gouvernement», a lancé Taylor Patonga, un conducteur de mototaxi.

« Nous constatons que le ministère chargé des transports et de l’aviation civile et celui  de l’équipement et des  travaux publics ne prennent pas à bras le corps la question de la réhabilitation  de ce tronçon. Les autorités locales doivent multiplier des plaidoyers à cet effet mais dommages comme si elles dorment toutes. Le constat est amer du fait que l’on retrouve même des eaux stagnantes sur la voie publique. Une situation qui provoque des inondations faute d’une bonne canalisation d’eau », a martelé Bienvenu un commerçant ambulant.

Oubangui Médias s’est rapproché plusieurs fois de la municipalité de Bimbo, malheureusement, l’agenda chargé du président de la délégation de la commune de Bimbo ne lui aurait pas permis de nous rencontrer. 

Il y’a quelques mois, plusieurs visites ont été organisées par le gouvernement et ses partenaires au sujet du pont de PK19, mais ces visites restent une lettre morte.

Si la dégradation du pont de PK 9 et de la voie Bimbo-Petevo peut occasionner des accidents, il faut préciser que l’économie centrafricaine en paie également le prix.

Nul n’ignore combien de fois la Lobaye et la commune de Bimbo ravitaillent la ville de Bangui par des produits alimentaires et contribuent fortement à l’essor de l’économie nationale avec l’exploitation des bois.

Le gouvernement est appelé à s’y mettre pour résoudre ce problème dans un bref délai afin d’éviter la catastrophe.  

Brice Ledoux Saramalet