« Depuis que l’Organisation non gouvernementale Mercy Corps nous a installé sur ce site,  le gouvernement ne cherche même pas à savoir dans quelle situation humanitaire nous nous retrouvons. Nos femmes et les enfants souffrent. Certaines ONG comme Mercy Corps, World-Vision et ACTED nous ont secouru par des vivres ». Ceci est le témoignage de Aimé Boumba, un déplacé interne du site de l’île Mbongossoua, logé à SEGA 2, situé dans le 6em arrondissement de Bangui.  

Bangui, la capitale centrafricaine a connu en 2019 des fortes inondations causées par des pluies diluviennes. Ce qui a occasionné le débordement du fleuve Oubangui qui a quitté son lit pour inonder plusieurs secteurs aux alentours, obligeant les habitants de ces secteurs à un déplacement interne massif. C’est ainsi que les habitants de l’île Mbongossoua avaient été forcés à ce retrouver comme déplacés internes vers l’autre côté de la rive précisément sur le site de SEGA 2.

Nadia Gondja,  l’une des déplacées se plaint en ces termes : « Nous éprouvons d’énormes difficultés sur ce site. Nos enfants sont exposés aux accidents de circulation puisque nous sommes proche de la voie publique et vous savez combien de fois les conducteurs des motos-taxis roulent à vive allure ». « Je tiens à préciser que  les enfants ne vont plus à l’école. Ils sont souvent victimes de maladie comme le  paludisme et les maux de ventre car, nous n’avons pas d’eau potable ni latrine propre. Nous vivons dans une situation humanitaire alarmante. Nous appelons le  gouvernement à l’aide. Que nos autorités ne nous abandonnent  pas à notre triste sort », a lamenté la même source.

Pendant cette période des saisons pluvieuses, les déplacés de ce site vivent dans une inquiétude grandissante. Ils craignent la destruction de leurs huttes  par la tempête. Selon ces derniers, plusieurs fois, des vents violents leur ont créé de problèmes en emportant leurs cases qui sont fabriquées avec des bâches. Ils avouent également être victimes de plusieurs cas de vols.

A titre  d’exemple, une femme enceinte nommée Naomi Nguema a reçu la visite des cambrioleurs dans la nuit du dimanche à lundi dernier. Les malfrats ont emporté la layette de son futur bébé et tout ce qu’elle avait comme bien. Sur ce site des déplacés, on retrouve plusieurs femmes enceintes et des enfants de 0 à10 ans qui se trouvent dans des conditions très déplorables. Ces déplacés ont profité de l’occasion pour nous faire savoir que le gouvernement leur a fait la proposition d’aller s’installer à Mboko, localité  située dans la commune de Bimbo 5. Mais, ils n’ont pas partagé cet avis. Et, ils ont évoqué comme raison,  la méconnaissance de ce secteur.

A en croire plusieurs d’entre eux, ils sont prêts à regagner l’île Mbongossoua avec tout le risque d’une nouvelle inondation.  Comme de la manne qui tombe du ciel, ils ont reçu dimanche 04 juillet 2021 des kits de la part de la Croix-Rouge-Centrafricaine. Un geste symbolique qui a marqué leurs esprits  positivement.

     Wilfrid Bouba