La République centrafricaine a célébré le 11 Mai 2024, la 9ème édition commémorative en la mémoire des victimes des crises militaro-politiques dans le pays. Le thème retenu cette année est : « la réparation est un droit pour la consolidation de la paix et de la cohésion sociale en Centrafrique ». La cérémonie a eu lieu au rondpoint des Martyrs dans le deuxième arrondissement de Bangui en présence du Premier ministre Félix Moloua, la ministre de l’action humanitaire Lina Josiane Bemaka-Soui et certains diplomates.

Le choix de ce thème est pour montrer que les victimes des crises centrafricaines ne seront jamais oubliées malgré que leurs bourreaux continuent de faire des exactions.

En rappel, cette Journée en la mémoire des victimes des crises militaro-politiques a été instaurée par un décret en 2015, par la Présidente de la transition Catherine Samba Panza et l’application de ce décret est faite pour la première fois en 2016 par le président Touadéra.

Haroune Mahamat, l’une des victimes qui a perdu son frère lors des crises militaro-politiques témoigne en ces termes ce qui lui est arrivé : « Nous sommes deux fils de nos parents et en 2016, des malfaiteurs sont venus le tuer, laissant derrière lui sept enfants. Je remercie les membres du gouvernement pour les efforts afin de ramener la paix dans le pays ainsi que la justice qui est en train d’être rendue aux victimes ».

Par la voix de leur Présidente Francine Evodie Ndemande, les victimes ont formulé des demandes au gouvernement de prendre sa responsabilité en tant garant de la sécurité de la population centrafricaine. À la communauté internationale le strict respect de leurs engagements dans le processus du retour de la paix en RCA et d’appliquer les sanctions disciplinaires afin de mettre fin à ce cycle de violence.

Félix Moloua, Premier ministre dans son discours de circonstance montre l’importance de cette journée : « Cette journée a été instaurée non seulement dans le calendrier des grands moments douloureux de notre pays, mais surtout de sortir les victimes de l’ombre où elles étaient réduites depuis plusieurs décennies. C’est ici l’occasion d’affirmer que la commémoration régulière de la journée du 11 mai a été le moteur d’un travail politique de fonds ayant abouti à  deux (02) mécanismes indispensables de justice transitionnelle, à savoir la Cour Pénale Spéciale pour la République centrafricaine et la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation ».

Le Premier ministre Félix Moloua, a allumé une flamme à l’honneur des victimes des crises militaro-politiques et des victimes du naufrage de la baleinière, survenu le 19 avril 2024 sur la rivière M’poko suivi d’un dépôt de gerbe au monument des martyrs.                                

Milca Bissidi