C’est à travers un atelier d’une demie journée, organisé à l’endroit des Directeurs Généraux des Entreprises Publiques que la Banque Mondiale par la voix de Henri Fortin spécialiste en gouvernance a exposé les résultats d’une étude portant sur les entreprises publiques en Centrafrique, ce mercredi 20 septembre à l’hôtel Ledger Plazza. Une manière pour cette institution bancaire de renforcer la gouvernance de ces entreprises pour une transparence dans leur gestion et leurs gouvernances afin qu’elles soient profitables à l’État ainsi qu’à la population. Ces assises ont vu la participation de certains membres du gouvernement et des représentants de la société civile.
L’amélioration de la gouvernance des Entreprises Publiques et de la transparence pour diminuer les risques budgétaires qu’elles posent a été au cœur des réformes récentes en RCA, ainsi que de l’appui budgétaire et technique de la Banque mondiale à la RCA. Une nouvelle loi visant à renforcer le cadre institutionnel des Entreprises Publiques a été promulguée en janvier 2020. En outre, le gouvernement de la RCA a accepté, dans le cadre de ses engagements d’obtention du volet financier pour les pays fragiles (« TAA »), de l’Association internationale de développement, de faire auditer les états financiers de ces trois plus grandes Entreprises Publiques du pays.
De plus, le gouvernement a accepté plusieurs actions visant à accroître la transparence du portefeuille des Entreprises Publiques dans le cadre d’opérations d’appui aux politiques de développement (« DPO ») récentes et en cours. La question des entreprises publiques est un sujet très important en RCA comme dans beaucoup de pays du monde car ces entreprises touchent tous les citoyens dans leur vie quotidienne et aussi tout le tissu économique local.
« Il est important de renforcer la gouvernance de ces entreprises publiques afin qu’elles puissent améliorer leur offre de service et permettre que le pays atteigne ses objectifs de développement », a souligné le représentant de la Banque Mondiale Guido Rurangwa.
Cependant, le but est d’aider le gouvernement centrafricain à renforcer la gouvernance des Entreprises Publiques et à améliorer leurs capacités à surveiller leurs performances, en vue de les améliorer à terme.
Henri Fortin, spécialiste en gouvernance à la Banque Mondiale explique : « Il y a eu une avancée très importante avec le vote et la promulgation en janvier de la nouvelle loi en République Centrafricaine, portant cadre juridique et institutionnel des entreprises publiques en Centrafrique. Il y a eu d’autres textes qui ont été pris. La publication d’information importante comme les états financiers audités de plusieurs entreprises publiques, aussi le premier rapport qui présente les informations sur les entreprises publiques sont des avancées importantes en matière de transparence et de bonne gouvernance. Mais, il reste encore du chemin à parcourir, notamment systématiser cet effort de transparence, renforcer le rôle du ministre des finances ; rôle de suivi et de surveillance du portefeuille des entreprises que lui assigne la nouvelle loi. Il est important que le modèle poursuivi ait l’autonomie de gestion, la responsabilisation du personnel mais aussi en contrepartie la reddition du compte et la recevabilité ».
Néanmoins, ces entreprises publiques sont pour la plupart confrontées à de nombreuses difficultés. C’est le cas de la Société centrafricaine de la télécommunication (SOCATEL). Le Directeur Général de la SOCATEL expose quelques problèmes : « La SOCATEL a accusé un petit retard technologique. Tous nos équipements sont anciens et vétustes. On a subi également les contrecoups des différents événements politiques que notre pays a connus. Aujourd’hui notre défi est de renouveler ces équipements. Donc, il va falloir identifier les sources de financement. Il y’a des opportunités qui sont devant nous, il va falloir nous organiser pour les saisir afin de relancer tout simplement la machine », a confié le DG de la SOCATEL.
S’il faut le rappeler, la Banque Mondiale qui est un partenariat de longue date de la République Centrafricaine travaille avec le gouvernement sur plusieurs projets de développement.
La RCA détient un portefeuille relativement important d’Entreprises Publiques, couvrant des secteurs clés tels que l’électricité, l’eau, les télécommunications, le transport et l’agriculture.
Les quatorze Entreprises Publiques de la RCA comprennent deux des plus grandes entités commerciales du pays, ENERCA (Energie centrafricaine’) et la Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA).
Une troisième Entreprise Publique, la Société Centrafricaine de Télécommunications (SOCATEL), est également considérée comme stratégique en raison de l’importance du secteur dans lequel elle opère, bien que ses activités soient très limitées puisqu’elle ne fournit que des services de télécommunications terrestres.
Au-delà des entreprises publiques, la Banque mondiale appuie les efforts de la RCA pour renforcer la gestion de ses finances publique et sa gouvernance, notamment au travers du Projet de Gouvernance Numérique du Secteur Publique (PGNSP), par exemple en appuyant la numérisation accrue de l’Administration des Douanes, le déploiement d’un nouveau système comptable et de gestion de la trésorerie, ou encore la fiabilisation de la gestion de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat dont nous savons qu’elle est une priorité majeure du gouvernement.
Belvia Espérance Refeïbona

Commentaires récents