Les juges d’instruction de la Cour Pénale Spéciale ont décerné le 19 novembre dernier un mandat d’amener contre un suspect en la personne du ministre d’élevage Hassan Bouba Ali. Selon Michel Landry Louanga président de la CPS,  ledit suspect une fois présenté devant les juges a estimé qu’il fallait lui accorder un délai pour se préparer et un délai d’une semaine lui a été accordé. Pour ce faire, les juges ont décidé qu’il fallait prendre une ordonnance d‘incarcération d’être en détention provisoire en attendant d’être entendu sur les faits qui lui sont reprochés.

Donc il devait comparaitre devant les juges le 26 novembre 2021 pour présenter ses éléments de défense. « Malheureusement, nos éléments qui étaient partis l’extraire et le présenter devant les juges se sont retrouvé devant une situation qu’ils n’ont pas comprise du fait qu’on leur a empêché d’avoir accès au lieu de détention. Les juges ont attendus en vain et ceci en présence de son avocat qui était surpris de voir que son client n’était pas représenté », a expliqué Michel Landry Louanga, président de la CPS. 

Devant ce fait, la CPS a publié un communiqué de presse pour informer l’opinion nationale et internationale sur le refus de l’extraction du suspect. Peu de temps après, elle publie un second communiqué affirmant que le suspect est libéré et a  retrouvé son domicile. Du coup, la CPS a décidé de changer aussi les donnes comme le souligne Michel Landry Louanga, président de la CPS : « Les juges ont alors procédé à la notification des charges devant son avocat et ont estimé qu’il fallait passer d’ordonnance d’incarcération à un mandat de dépôt ».

Considérant ce fait, comme une indignation voire une humiliation que vient de subir l’appareil judiciaire centrafricain, les avocats du barreau centrafricain ont décidé d’entrer dans la danse. Ils ont fait une marche de protestation de la Cour d’Appel de Bangui à la CPS ce lundi 29 novembre 2021 pour montrer leur colère contre l’évasion (libération) du suspect Hassan Bouba et soutenir les actions du CPS.

 « Nous avons appris que l’individu contre qui pèsent les allégations de crime de guerre et de crime contre l’humanité dont l’arrestation avait été ordonné et exécuté a été mis en liberté. Nous pensons que cette situation est extrêmement grave. Tous les avocats sont là pour apporter leur soutien à la mission noble de la CPS afin de ramener la paix, de rétablir l’autorité de la justice en Centrafrique. Tout le barreau encourage la CPS à ne pas faiblir devant cette situation », a indiqué Me Emile Bizon, bâtonnier de l’ordre  des avocats centrafricains.   

Pour certains proches du pouvoir de Bangui, la CPS est instrumentalisée. Il n’est pas l’heure d’arrêter Hassan Bouba du moment où il est membre du gouvernement et que le pays tend vers la tenue du dialogue républicain. D’autres vont jusqu’à dire que les procédures judiciaires ne sont pas respectés d’où nécessité de pas le garder en prison.

Face à ce dernier argument, Me Emile Bizon répond : « Si ces derniers pensent que les procédures ne sont pas respectées, alors, il y a aussi des procédures judiciaires pour demander la libération d’un présumé. Cependant, est ce que cela ont été respecté concernant la libération du suspect ? C’est là, une manière de laver le linge sale avec de l’eau sale ».

Comme la pilule la plus amère, les centrafricains ont refusé de l’avaler. C’est un abus de la part du pouvoir de Bangui qui a défié la justice. Selon plusieurs rapports Hassan Bouba Ali, est impliqué dans plusieurs cas de tueries en tant que le numéro 02 de l’UPC de Ali Darassa. Le cas de carnage de Alindao reste l’inoubliable, un exemple le plus malheureux qui a coûté la vie à des milliers des civils.

Evadé ou libéré ? La question est devenue insupportable et a réveillé la colère et l’activisme de tous. Des centrafricains en parlent dans tous les coins et sur les réseaux sociaux. Ils ont affirmé combien de fois la justice doit faire son travail en l’honneur des victimes et ont rappelé au président Faustin Archange Touadera, qu’il est en train de se trahir du fait qu’il avait promis de faire de la justice la colonne vertébrale de son second mandat avec comme slogan « Impunité zéro ». Alors, où on est-on ? C’est la justice de deux poids, deux mesures ? Autant des questions qui montrent que le président Touadera a du pain sur la planche. 

Brice Ledoux Saramalet