À Bangui, 30 jeunes filles prennent part à un café-débat consacré à l’hygiène menstruelle et aux violences basées sur le genre (VBG). Organisée par l’association Seni ti a wali, en partenariat avec la FAFECA et Waliya, l’activité vise à briser le silence autour de ces sujets encore tabous en République centrafricaine.

Parler des règles et des violences basées sur le genre sans tabou. C’est l’objectif d’un café-débat organisé à Bangui à l’intention de 30 jeunes filles en période de vacances. L’activité s’étend sur trois jours et entend leur donner les moyens de mieux comprendre ces questions et d’en parler autour d’elles.

Pour Prudence-Élysée Kette, présidente de l’association Seni ti a wali et membre de la FAFECA, cette initiative part d’une expérience personnelle. Elle explique avoir elle-même grandi dans un environnement où les menstruations étaient difficiles à évoquer. : « L’objectif de cet atelier, qui va durer trois jours, c’est d’amener les filles à briser le silence sur les violences basées sur le genre, sur les sujets des règles, qui restent toujours un sujet très tabou », explique-t-elle.

Selon elle, certaines jeunes filles rencontrent encore des difficultés à poursuivre leurs activités scolaires pendant leurs menstruations. L’objectif est donc de les informer et de leur permettre de gagner en confiance afin qu’elles puissent, à leur tour, sensibiliser d’autres jeunes dans leurs établissements.

Au cours de cette rencontre, les échanges ont également porté sur les violences basées sur le genre. Sylvie Solange  YONGORO directrice exécutive de l’Association nationale des jeunes femmes actives pour la solidarité, est intervenue lors d’un panel consacré à cette question. : « J’ai parlé sur les violences basées sur le genre. On a parlé sur les définitions des différents concepts. Et on a également parlé sur les causes et les conséquences de violences basées sur le genre », indique-t-elle.

Les participantes ont également été informées sur les services disponibles pour la prise en charge des victimes de VBG. Pour Sylvie Solange YONGORO, il est important que les jeunes filles puissent identifier les violences qu’elles subissent et les dénoncer. « Il y a beaucoup de filles qui subissent des violences basées sur le genre au quotidien, mais qui ne dénoncent pas », déplore-t-elle.

Elle estime que le silence peut avoir des conséquences sur le développement et l’épanouissement des jeunes filles. D’où l’importance, selon elle, de les informer et de les outiller afin qu’elles puissent également transmettre ces connaissances à leurs pairs.

Parmi les participantes, Alexandra Nguendet , étudiante en troisième année de gestion d’entreprise à l’Institut GUTSCHOOL, retient l’importance de la confiance en soi et du changement de mentalité. « Nous pouvons impacter, nous pouvons changer. Nous sommes plus fortes que ça. Nous sommes les plus intelligentes. Il suffit juste d’avoir le courage, la détermination », affirme-t-elle.

À travers cette activité, l’association Seni ti a wali entend faire des jeunes filles des relais de sensibilisation dans leurs écoles et lycées. Une manière de favoriser la parole et de contribuer à faire évoluer les mentalités sur l’hygiène menstruelle et les violences basées sur le genre.                                          

Milca Bissidi