Le lycée Etienne Goyémidé d’Ippy compte présentement 286 élèves dont 33 en classe de 3ème et 7 seulement en terminale pour 3 enseignants qualifiés. C’est ce qu’a déclaré Hervé Baletchema, proviseur dudit lycée.

Les multiples conflits armés qui ont secoué la préfecture de la Ouaka ont engendré tant de conséquences dont la fragilisation du système éducatif. Le malheureux exemple est celui du Lycée Etienne Goyémidé d’Ippy qui compte à ce jour que 286 élèves dont 33 en classe de 3eme et 7 en terminale. 

« Vous n’allez pas me croire mais je vous confirme qu’à ce jour, le lycée Etienne Goyémidé d’Ippy compte seulement 286 dont 33 en classe de 3eme et 7 en classe de terminale. Ces élèves qui continuent de venir sont ceux qui ont dû braver la peur et ont montré une motivation », a indiqué Hervé Baletchema, le proviseur du  lycée Etienne Goyémidé d’Ippy.

Selon le proviseur Hervé Baletchema, le lycée comptait 1600 élevés avant les conflits armés.

En effet, si cet établissement scolaire porte le nom d’un illustre écrivain centrafricain, le lycée Etienne Goyémidé d’Ippy est aujourd’hui l’ombre de lui-même. La crise sécuritaire dans cette localité est à l’origine de cette triste réalité.

Ledit établissement dispose de quatre bâtiments dont l’un pour l’administration. Cependant, le service administratif a été complétement vidé lors de ces crises. Pas de bureau avec une chaise digne pour le proviseur qui est obligé de se débrouiller avec une table ordinaire. Les fenêtres sont toutes emportées et les matériels didactiques sont également volés sans oublier les livres se trouvant dans la bibliothèque.

« Nous ne sommes pas dans les conditions possibles pour travailler mais nous sommes obligés de donner le meilleur de nous-mêmes pour accorder une chance aux élevés qui continuent de venir aux cours », a expliqué le proviseur Hervé Baletchema.

Cependant, en mettant pieds au sein dudit établissant, on croirait au premier regard que les élèves sont en vacances. A la question de savoir où sont passés les élevés ? Hervé Baletchema a répondu: « Les parents ne veulent plus laisser leurs enfants venir à l’école à cause des attaques des groupes armés qui peuvent surgir à tout moment. Les élèves ont aussi trouvé du plaisir en restant à la maison pour faire leurs activités génératrices de revenu ».

Aussi, le lycée Etienne Goyémidé d’Ippy fait face aussi à un manque des enseignants qualifiés comme l’indique le proviseur « Nous avons seulement trois enseignants titulaires à savoir deux (02) professeurs d’Histoire-Géographie et celui d’Anglais. Pour combler le vide, nous sommes obligés de faire appel aux enseignants bénévoles à l’exemple d’un fonctionnaire civil de la Minusca qui enseigne les mathématiques. Et, le député d’Ippy qui nous a envoyé deux enseignants en instance d’intégration et c’est lui qui les paie ».

A ce jour, l’équipe administrative continue de multiplier la sensibilisation pour que les élèves prennent conscience et revenir étudier. Il demande au gouvernement par le biais du ministère de l’éducation nationale, l’inspection académique du Centre-Est  et aux ONG de voler au secours du Lycée Etienne Goyémidé qui est en train de perdre les futurs cadre du pays.   

Le feu Etienne Goyémidé a écrit deux romains célèbres qui figurent dans le programme d’enseignement du pays : Le Silence de la Forêt et les Derniers survivants de la Caravane.  Le Silence de la forêt a été traduit en un film qui porte le même nom par le réalisateur centrafricain Didier Ouenangare. Il a été inhumé dans cette ville natale à plus de 500 Km de Bangui.

Brice Ledoux Saramalet, de retour d’une mission de reportage à Ippy