La République centrafricaine a célébré en différé le 13 avril, la Journée mondiale de la santé, édition 2026. La cérémonie a été présidée par le Président de la République, Faustin-Archange Touadéra, en présence de plusieurs autorités, dont le président de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, le Premier ministre Félix Moloua, les présidents des institutions, ainsi que le ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Pierre Somsé.

Placée sous le thème « Unissons-nous pour la santé, soutenons la science », cette édition met un accent particulier sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Le message central appelle à combattre ce phénomène par l’élimination des médicaments de qualité inférieure et falsifiés, qui constituent un danger pour la santé publique.

Dans la lecture du décret présidentiel, le pharmacien-commandant Dr Junior Romuald Oueifio a souligné que « le décret n°25.051 portant organisation et fonctionnement du comité multisectoriel de coordination de la lutte contre les médicaments et autres produits de santé de qualité inférieure et falsifiés s’inscrit dans l’application de l’article 66 de la loi n°20.012 du 11 juin 2020 relative aux médicaments, aux autres produits de santé et à l’exercice de la pharmacie en République centrafricaine ».

Prenant la parole, la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Françoise Caroline Clarinvale, a salué l’engagement du chef de l’État en faveur de la santé publique. Elle a également insisté sur l’importance du thème retenu, rappelant que « sans la science, il n’y a pas de progrès durable et, sans la solidarité, il n’y a pas d’impact ». Elle a reconnu les avancées réalisées par la RCA dans le domaine de la santé et a réaffirmé l’engagement de l’OMS aux côtés du gouvernement pour renforcer le système de santé et promouvoir l’accès à des médicaments sûrs et de qualité.

Dans son discours, le Président de la République, le Professeur Faustin-Archange Touadéra, a évoqué les différentes initiatives visant à rendre le système de santé plus performant en République centrafricaine, tout en soulignant les défis persistants, notamment la résistance aux antimicrobiens liée à l’automédication et à la forte consommation de médicaments de qualité inférieure.

Face à ces défis, le chef de l’État a invité l’ensemble des forces vives de la nation à faire preuve d’éthique, en particulier les jeunes, souvent exposés à la consommation de drogue. « 1,27 million de décès en Afrique subsaharienne concernent les jeunes, et la résistance aux antimicrobiens est devenue une crise majeure, causant plus de décès que le VIH, la tuberculose et le paludisme, avec une projection alarmante de 4,15 millions d’ici 2050 », a-t-il déclaré.

« J’instruis le ministre de la Santé publique de mettre en place un comité d’experts multisectoriel de haut niveau chargé de coordonner les travaux de recherche, en collaboration avec le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Je félicite les responsables des points de vente informels de médicaments, communément appelés “mini-pharmas”, qui ont volontairement accepté de remettre au ministère de la Santé les faux médicaments en vue de leur destruction, conformément à la législation en vigueur. J’exhorte également ceux qui pratiquent illégalement la pharmacie et la médecine, causant de graves problèmes de santé et des décès regrettables, à cesser immédiatement ces activités », a-t-il conclu.

Signalons que cette cérémonie a également été marquée par la remise et la destruction symbolique de médicaments de qualité inférieure et falsifiés par les responsables des « mini-pharmas ». Cet acte témoigne de leur volonté de s’engager dans la lutte contre ces produits dangereux.

Freddy Ulrich Tanga