Un nouveau docteur en sciences de l’information et de la communication pour la République centrafricaine. M. Vincent NAMRONA, Rapporteur Général du Haut Conseil de la Communication, a soutenu avec brio sa thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication à l’Université Côte d’Azur de Nice (France), le 1er mars 2024.
La thèse du chercheur a pour objectif d’étudier le rôle que peut jouer la communication publique et territoriale dans la qualification et la protection des richesses culturelles et naturelles de la République centrafricaine, pays en conflit depuis plusieurs années. La recherche s’est basée sur l’hypothèse selon laquelle l’élaboration d’une stratégie de communication dans le milieu conflictuel centrafricain n’est possible que par l’intermédiaire de la concertation entre les acteurs et les non-acteurs, facilitée par la médiation de tierces personnes, qu’elles soient physiques ou morales.
Les travaux se sont basés sur des données empiriques recueillies à travers d’entretiens semi-directifs auprès d’un échantillon d’acteurs et non-acteurs du conflit. Ceux-ci sont définis, dans cette thèse, comme les entités qui interviennent directement ou non dans le déroulement dudit conflit en République centrafricaine.
La recherche étant de type qualitatif, l’analyse thématique du contenu des discours des enquêtés a permis de mieux comprendre les principales causes profondes de l’instabilité politique et sécuritaire en République centrafricaine. Il s’agit notamment de (i) de la mauvaise gouvernance, (ii) de l’ingérence des puissances occidentales dans la politique intérieure du pays, et de (iii) l’abondance des richesses culturelles et surtout naturelles centrafricaines.
Par ailleurs, l’analyse thématique des réponses apportées par les enquêtés pendant les entretiens semi-directifs et l’interprétation des résultats obtenus ont révélé que : (a) le rétablissement de la paix sur le territoire centrafricain nécessite la tenue de concertations permanentes entre les fils et fils du pays, et au besoin, accompagnée de la médiation de personnes physiques ou morales. La signature de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA) le 08 février 2019 en est un exemple patent. (b). L’influence de la France s’effrite tous les jours au profit de celle de la Russie qui va de crescendo dans ce pays. (c) Les enquêtés dénoncent l’omniprésence des puissances occidentales, notamment celle de Paris dans la politique intérieure centrafricaine et souhaite que l’Élysée respecte la souveraineté de l’État centrafricain en laissant, entre autres, les mains libres aux autorités compétentes de Bangui à choisir librement et de manière diversifiée les partenaires de leurs pays.
Enfin, la protection des richesses culturelles et surtout naturelles qui sont au cœur du conflit sur le territoire centrafricain relevant d’abord de la responsabilité de l’État centrafricain, les communications de ce dernier devraient s’appuyer sur la stratégie de la reconnaissance. Si les autorités compétentes du pays ne sont pas en mesure de le faire, elles peuvent invoquer l’application des dispositions des arsenaux juridiques internationaux, notamment celles de la Convention de l’UNESCO du 16 novembre 1972, relative à la protection du patrimoine culturel et naturel, dont la République centrafricaine est partie, pour solliciter l’appui d’autres États partie à l’effet de les aider à protéger les richesses culturelles et naturelles centrafricaines en ce temps de conflit. Subsidiairement, dans le but de dissuader les individus qui seraient tentés de se livrer à l’exploitation illicite des richesses culturelles et naturelles en République centrafricaine, les autorités compétentes de ce pays devraient également baser leurs communications sur la stratégie de la dissuasion. Celle-ci consiste, par exemple, à décourager le commerce illicite des richesses culturelles et naturelles par l’exposition de grands moyens de défense et de sécurité.
Dr. Vincent Namrona

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