C’est à ce titre que le Haut Conseil de le Communication avec l’appui de l’OIF a outillé du 16 au 18 octobre 2023 des professionnels des médias sur l’Education aux Médias et à l’Information à Bangui, suivie d’une causerie éducative à l’endroit des étudiants et élèves sur la même thématique le jeudi 19 octobre au stade 20.000 places situé dans le premier arrondissement. L’objectif est de limiter les désordres de l’information qui sont observés  en cette ère numérique impliquant  surtout  la jeunesse qui constitue la majeure partie de la population et qui est de plus en plus exposée à ce fléau.

Face à l’afflux d’information auxquelles sont exposés les utilisateurs des outils numériques, les consommateurs des contenus qui sont principalement les jeunes n’ont pas forcément une capacité d’analyse de tous les contenus qui sont mis à leur disposition. En plus de cet aspect, il y a également une ignorance de la part des producteurs, qui, parfois ne mesurent pas l’impact que peuvent produire leurs contenus. C’est dans cette lignée que le Haut Conseil de la Communication qui est un organe régulateur des médias en Centrafrique organise cette série d’activités au profit des professionnels des médias d’abord, ensuite des élèves et étudiants de Bangui pour limiter les dégâts de la désinformation, de la propagation des discours de haine et d’incitation à la violence en milieux jeunes.

Madame Inès Gredibert Bida, Haut conseillère donne des précisions : « on assiste depuis un certain temps à une profonde mutation au sein du monde des medias et des pratiques médiatiques. Avec ces mutations, on s’est rendu compte qu’y a eu un changement radical dans la façon de produire et de transmettre l’information, ce changement a également eu un impact sur l’amplification des flux d’information qui viennent des médias traditionnels et également des médias sociaux. Face à ce changement, le monde entier a donc décidé d’exercer une autre manière de réduire ces fléaux en introduisant l’Education aux Médias et à l’Information pour l’ensemble de la société et surtout pour les jeunes. L’Education aux Médias et à l’Information est une manière de pousser l’ensemble de la société et surtout les jeunes à décrypter les bonnes informations, à avoir un changement radical dans leur manière de recevoir des informations, de consommer les médias. C’est également une manière de les aider à avoir un esprit critique face aux contenus qui sont mis à leur disposition », a-t-elle justifié.

Une occasion qui a permis à  Blaise Pascal Andzongo, expert consultant de l’OIF venu du Cameroun d’entretenir les participants sur les comportements que doivent adopter chaque personne dans son utilisation des médias et la consommation des informations que fournissent ces derniers. Pour les producteurs de contenu, il a mis un accent particulier sur le filtre de Socrate qui engorge trois mots importants à savoir « Vérité-Bonté-utilité ».Se poser des questions sur la nature de ces trois mots pousse surement les producteurs de contenus à faire bon usage des médias qui semblent devenir très dangereux si on ne les utilise pas à bon escient.

Entretemps, des modules spécifiques ont été développés à l’endroit des consommateurs jeunes qui sont des élèves et étudiants. C’est ce que précise Thejoice  Severin  Garba co-formateur national : «la causerie éducative est axée sur trois points dont le premier est de sensibiliser les élèves et les étudiants sur comment utiliser les réseaux sociaux afin qu’ils n’en font pas un usage abusif et néfaste, les pousser vers un choix d’information qu’ils peuvent consommer sur ces réseaux pour lutter contre la propagation des messages de haine et de la désinformation. Vous conviendrez avec moi que les messages de haine et la désinformation circule à grand pas sur les réseaux sociaux et touchent beaucoup plus la jeunesse et cette jeunesse a ce droit d’apprendre et de comprendre les en dessous des contenus publiés sur les réseaux sociaux.   Enfin on va leur apprendre comment vérifier une information sur les réseaux sociaux surtout quand il s’agit d’une image ou une vidéo dont la véracité est douteuse ».

Une satisfaction de la part des parties prenantes à ces activités. Wenceslas Ogo est l’une des participantes à la formation des professionnels des médias qui a accepté de se livrer à l’Oubangui Medias : « Cet atelier a été vraiment bénéfique pour nous, journalistes qui avons pris part parce que j’ai compris beaucoup de chose lors de cet atelier notamment la façon de comprendre  les  réseaux sociaux. A l’heure actuelle, la question de la digitalisation impacte négativement sur les medias traditionnels parce que n’importe qui est capable de publier. Cela engendre des désordres informationnels d’où la nécessité de la question d’éducation aux médias. Aujourd’hui, nous sommes appelés à développer un esprit critique face aux informations mais aussi l’exercice de notre métier, d’identifier l’intérêt des jeunes qui sont les principales cibles à consommer les médias crédibles ».   

Notons que le HCC a fait de la lutte contre les discours de haine et la désinformation son cheval de bataille, c’est pour cette raison que cette série d’activités est organisée. Par faute de moyens conséquents, elle a ciblé un nombre limité de participants; mais des plaidoyers sont en cours pour l’étendre vers un grand public comme a rassuré madame le Haut Conseiller Inès Gredibert Bida.

Belvia Espérance Refeibona