Riche Bertille, est l’une des écogardes formés par Wildlife conservation society en République Centrafricaine (WCS-RCA) pour la sécurisation du parc Manovo-Gounda dans la Bamingui-Bangoran. Âgée d’une vingtaine d’années, elle est l’une des quatre femmes qui se sont engagées comme soldats de protection de la nature.

Les écogardes sont naturellement des jeunes des villages périphériques des parcs nationaux et qui sont formés pour assurer la protection des parcs face à la montée des braconniers.

Lors du séjour de l’Oubangui Médias au parc de Manovo-Gounda situé au Nord-est de la RCA au mois de septembre dernier, nous nous sommes intéressés à ce métier exercé depuis longtemps par des hommes. Ce métier consiste à pourchasser les braconniers dans leurs campements en vue de réduire les multiples cas de braconnages dans les parcs.

Ces écogardes peuvent passer des semaines voire même un mois dans la brousse derrière les braconniers. Malgré tout, Riche Bertille comme les trois autres jeunes filles, s’est intéressée à ce métier.

Elle mesure environ 1,40 m vêtue de sa tenue de combat, arme à la main toujours prête à accompagner ses coéquipiers à la poursuite des braconniers.

Après trois mois de formation, Riche Bertille se voit capable d’identifier les traces des bêtes sauvages et de diriger une section des écogardes pour mettre la main sur les braconniers dans le parc national Manovo-Gounda St Floris situé à plus de 70 km de la ville de Ndélé au nord-est de la RCA.

Fier d’accomplir sa mission régalienne, Riche Bertille ne nous a pas caché sa satisfaction. Même si elle a abandonné les études à bas âge, Riche Bertille s’est faite un métier en optant pour la formation des écogardes afin de subvenir aux besoins de ses vieux parents.

Comment sentez-vous parmi ces hommes et surtout en pleine forêt ?  Elle répond : « Je me sens vraiment à l’aise, puisque parmi nous, il n’y a aucune distinction. Nous travaillons en symbiose avec les hommes ».

Riche Bertille se souvient de ses rêves : « Dès le bas âge, je rêvais travailler dans l’armée de mon pays, et comme je n’avais pas eu l’opportunité à cause de notre éloignement de la capitale, je me vois obligée de faire ce travail d’écogarde. Là, je n’ai pas regretté ce choix. Puisque je contribue aussi à la protection de la nature. Et je n’ai pas peur d’affronter les braconniers peu importe leur effectif », souligne-t-elle.

« Riche Bertille est physiquement brave et apte. Elle une capacité qui dépasse même certains hommes. Elle l’a prouvé lors de cette formation qui a duré plus de trois mois. J’exhorte d’autres filles à s’intéresser à ce métier afin de contribuer dignement à la protection du Parc de Manovo-Gounda Saint Floris », a témoigné Sabome Fortus l’un des promotionnaires de Riche Bertille.

Soulignons de passage que le programme WCS-RCA compte former plus de 300 écogardes afin de couvrir la superficie de ce parc, le plus grand du nord de la Centrafrique, durablement par les crises que le pays a connues.

Christian Steve SINGA