Le gouvernement Henri-Marie Dondra, continue à suscité d’espoir mais aussi beaucoup d’analyse à ce jour, presque un mois après sa mise en place. Cinq choses importantes à savoir sur ce gouvernement dit d’action, après une période de crise sécuritaire et d’asphyxie économique que le pays a connue.

1-Profil financier de la majorité des ministres.

Le gouvernement Dondra dévoilé depuis près d’un mois est constitué pour la plus part de ceux qui fait plus ou moins une étude en économie, en finances où ayant travaillé comme inspecteur dans le domaine de contrôle des recettes de l’Etat. Du premier ministre Henri-Marie Dondra, en passant par le ministre d’Etat, chargé de l’économie du plan Félix Moloua, le ministre des Finances et du Budget Hervé Ndoba, le ministre de la défense nationale, Claude Rameaux Bireau, le ministre des Affaires Etrangères Sylvie Baïpo Temon, le ministre du Secrétariat Général du gouvernement Maxime Balalou, le ministre chargé de l’agriculture et du développement rural Eric Rekosse-Kamot, expert-comptable, le ministre Artur Bertrand Piri qui est inspecteur des Impôts et le ministre Marcel Djimasse ayant travaillé longtemps comme consultant dans plusieurs banques  tous du moins sont des financiers tout comme Mohamed Lawan, ministres des PME qui est gestionnaire des entreprises.

Mais était-t-il nécessaire de prendre beaucoup des financiers et gestionnaires dans ce gouvernement ? Cette question mérite sa place car, le contexte actuel nécessite une gestion rigoureuse des fonds de l’Etat, comme nous a commenté un membre du gouvernement sortant. Mais d’autres sources n’admettent pas que la majorité soit des financiers, comme si le pays n’a que le problème financier.

2- Promotion des ministres conseiller

Plusieurs ministres conseillers, à la Présidence ou à la Primature sont promus membres du gouvernement Dondra. Les ministres de la défense Claude Rameaux Bireau, son collègue de la sécurité publique Michel Nicaise Nassin et le ministre délégué au DDRR Gilbert Toumou Déya viennent comme ministres conseillés à la Présidence. Le ministre d’Etat au DDRR Jean Willybiro Sako étant aussi ministre conseiller spécial en matière du DDRR. Mme Ramadan, ministre de la famille, le ministre de l’énergie Piri, viennent de la primature, respectivement comme ministre conseillère en matière du Genre et ministre contrôleur des entreprises parapubliques. Le ministre Bruno Yapandé deux fois ministres pendant la transition et Marcel Djimassé aussi ministre conseille spécial du premier ministre de transition Mahamat Kamoun.

3- Maintien des groupes armés fidèles à l’APPR,

Les représentants des groupes armés qui sont restés fidèles à l’accord politique pour la paix et la réconciliation sont maintenus dans le gouvernement. Au moins six ministres dont un ministre d’Etat à la Justice sont issus des rangs des groupes armés. Le ministre de l’élevage Hassan Bouba, le N°2 de l’UPC, même s’il est en disgrâce avec son chef a maintenu son poste, car, selon les proches de la Présidence, il aurait affiché une certaine loyauté au pouvoir à travers l’APPR. Le ministre d’Etat à la Justice Arnold Djoubaye Abazene représentait le FRPC tendance Michel Djotodia. Le ministre Djono est patron de son mouvement le RPRC. Gilbert Toumou Déjà est chef du MLCJ, Guismala Hamza et Amit Idriss représentaient le FPRC tendance Noureddine Adam.

4-L’ouverture à ceux qui géré la transition Samba-Panza

La Charte de la Transition avait interdit aux principaux dirigeants de se présenter aux différentes élections. Du coup, après les élections de 2016, ces principaux acteurs étaient tombés dans les oubliettes. Dans les gouvernements successifs pendant le premier mandat de Faustin Archange Touadera, leur présence a été très peu observée dans les instances du pouvoir, surtout à l’exécutif. Ce nouveau gouvernement a marqué une certaine ouverture. Marcel Djimasse, Bruno Yapande, respectivement ancien conseiller spécial du premier ministre Mahamat Kamoun et deux fois ministres (communication et Arts et culture)  pendant la transition ont fait leur entrée dans le gouvernement. De son côté, le N°2 du parlement de transition Léa Mboua née Koyassoum Doumta fait son entrée dans le gouvernement. Même si les trois derniers soutiennent le régime en place, leur entrée marque l’ouverture aux personnalités ayant dirigées la transition qui a organisé les élections de 2015-2016, laquelle élection a vu la victoire du président Touadera.

5-Question d’équilibre géopolitique centrafricain ou critère de compétence

Depuis une certaine époque, la constitution du gouvernement joue sur la fibre de la géopolitique nationale. Ceci pour une certaine représentativité des régions dans le gouvernement. Des proches du pouvoir actuel ont confié que cette idée bonne qu’elle soit rendait parfois difficile la mise en place d’un gouvernement, qui devrait être obligé de mettre à côté certains critères pour répondre à la représentativité régionale. Bien qu’il n’est pas exclue des prochains gouvernements, celui-ci était un gouvernement d’action et doit se baser sur le critère de compétence. Toutefois, les régions non représentées ne manquent pas de compétence et ce n’est pas qu’au gouvernement qu’on peut servir son pays, explique un conseiller à la Présidence.

Pour cette fois-ci, le chef de l’Etat n’a pas été tolérant vis-à-vis de cette pratique qui devenait légale dans la mise en place surtout du gouvernement.

Fridolin Ngoulou