Ce Mercredi 19 septembre, le ministre de la fonction publique Marcel Djimasse a reçu en audience à son bureau une équipe de la banque mondiale conduite  par le Représentant de la Banque mondiale Guido Rurangwa  et plusieurs autres personnalités dont Henri Fortin, spécialiste en chef en gouvernance à la Banque Mondiale pour leur exposer le résultat du contrôle physique des fonctionnaires et agents de l’État.

Il était question de s’accorder sur les conditions de décaissement de la première tranche de l’appui budgétaire, qui devait servir à couvrir les salaires de 7 Ministères sociaux pendant un an et ceci à partir de fin septembre 2023.  Les échanges ont débouché sur l’octroi d’un financement à hauteur de 1.7 milliard de FCFA  pour le paiement des fonctionnaires de sept ministères en ce mois de septembre. Les opérations ne devraient pas dépassées 72 heures. Cet appui exceptionnel devrait durer un an dans le but d’alléger la tension de la trésorerie qui freine l’élan au gouvernement centrafricain.

Ces appuis vont vers le paiement des salaires des ministères de la santé, de l’enseignement supérieur, du ministère de la promotion du genre, du ministère de l’agriculture, du ministère de l’éducation nationale, du ministère de l’élevage, du ministère de l’action humanitaire. En fait les sept ministères dits sociaux.

Étant un partenaire d’appui au gouvernement centrafricain, la Banque Mondiale qui dans un passé récent a soutenu le ministère de la fonction publique dans la réalisation du contrôle physique des fonctionnaires et agents de l’État, revient sur ses traces pour échanger avec  le ministre de la fonction publique sur le projet de gouvernance numérique de la fonction publique qui permet à cette structure d’accorder un financement pour le soutien au gouvernement centrafricain.

À la sortie des échanges, Henri Fortin se confie à la presse en ces termes : « En effet, monsieur le ministre de la fonction publique nous a reçu pour nous exposer en détail tout le travail qui a été fait en juin 2022 dans le cadre du programme de la  fiabilisation de la chaîne de la paye.  On  pensait que c’est une grande priorité des autorités centrafricaines. C’est un programme que nous appuyons depuis un an dans le cadre du projet de gouvernance numérique du secteur public. Et actuellement, nous sommes en train de finaliser une somme dans le cadre d’une mission technique pour la mise en place d’un financement qui permettrait comme nous l’avions fait en 2015 de financer le paiement de certains ministères pour une période réduite à titre exceptionnel ».

Cependant, depuis le mois de juin 2022, la Banque Mondiale assure le paiement des fonctionnaires de sept ministères bien entendu. Ces discussions permettent toutefois la mise en œuvre d’un plan de financement qui allègera le pays des difficultés financières liées au paiement de salaire : « Bien évidemment, nous nous sommes requis de tout le travail qui était réalisé sous l’égide de monsieur le ministre pour justement fiabiliser la paye pour les assurer que le financement que nous allons accorder va bien servir à payer des fonctionnaires en bonne et due forme qui sont en poste. Donc, nous sommes dans les dernières journées de discussion pour mettre en place ce financement qui permettrait d’atténuer les tensions de la trésorerie auxquelles l’Etat centrafricain est confronté actuellement », a renchéri la même source.

Un mécanisme de suivi sera mis en place par le truchement des ministères publics chargés des finances pour le suivi et l’évaluation dudit finacement.

Pour une réforme administrative de l’administration publique Centrafricaine, des contrôles physiques des fonctionnaires et agents de l’État ont été effectués sur le territoire national, couvrant la période du 27 juin 2022 au 31 juillet 2023 par le ministère de tutelle qui est celui de la fonction publique et des réformes administratives. Après les 13 mois de dur labeur pour rassembler les données, les résultats ont été présentés à la presse le 30 aout dernier.

Le gouvernement est parti d’un fichier qui faisait 21.211 fonctionnaires pour aujourd’hui arriver à 18.663.

Cependant, il reste au gouvernement un reliquat de 2.871 individus qui ne sont pas présentés au contrôle et ils seront radiés simplement de la fonction publique comme étant des fonctionnaires fantômes qui bouffent illégalement le salaire de l’État.

Ce contrôle physique avait intéressé les partenaires internationaux comme la Banque mondiale qui a finalement décidé d’appuyer la suite des opérations et aujourd’hui contribuer pour le paiement des fonctionnaires de ces sept ministères.

En effet, depuis 2019, la caisse de l’Etat centrafricain est asphyxiée par manque des appuis budgétaires des partenaires internationaux  qui représentent une part importante dans le budget national.

Cette suspension des aides budgétaires a contraint le gouvernement à miser sur les ressources domestiques en opérant des restrictions et réformes de ses finances publiques.

Avec l’appui de la Banque mondiale, le gouvernement pourra faire une économie de près de 2 milliards de FCFA pour pouvoir les orienter vers d’autres investissements.

Belvia Espérance Refeïbona