Après une mission d’évaluation effectuée dans la préfecture de Lim-Pendé, notamment à Beraka où des milliers des réfugiés tchadiens ont trouvé refuge, de retour à Bangui, le jeudi 22 juin 2023, le ministre de l’Action humanitaire et de la Réconciliation nationale Virginie Baïkoua, a brossé à la presse les conditions de vie de ces réfugiés et l’appui que compte apporté le gouvernement centrafricain à ces personnes vulnérables.
Cette visite humanitaire a été organisée après le passage du Premier ministre chef du gouvernement Félix Moloua et des agences onusiennes la semaine dernière. La ministre de l’Action humanitaire et de la Réconciliation nationale Virginie Baikoua et le Coordonnateur humanitaire Mohamed Ag Ayoya ont effectué du 20 au 22 juin une mission d’évaluation sur les besoins humanitaires dans les préfectures frontalières avec le Tchad. Ces personnalités de retour à Bangui ont dressé un bilan des besoins humanitaires estimés à 35% suite à l’arrivée massive des réfugiés tchadiens dans ces localités.
L’objectif était de toucher du doigt les besoins humanitaires dans ces zones, et voir s’il y a des Gap qui pourraient aider ces réfugiés à subvenir à leurs besoins.
Virginie Baikoua nous en dit plus : «On a visité des centres hospitaliers, des écoles, des points d’eau : Tout ce qu’on peut faire pour mettre à l’aise les réfugiés qui sont là et la communauté d’accueil. Tout s’est bien passé, les distributions ont commencé depuis avant notre arrivée nous allons continuer avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) tous les 15 jours. Les réfugiés et les communautés d’accueil vont recevoir des vivres. On a préféré de donner à tout le monde par ce que pendant longtemps, ces zones ont été aussi dans la vulnérabilité », a-t-elle précisé.
La mission remarque qu’il y a beaucoup d’enfants qui ont des signes de malnutrition. « Il y a une gratuité des soins qui est déjà opérationnelle à l’hôpital de Beraka et Paoua. L’ONG Nector appuie aussi cet hôpital pour qu’un minimum de réponse aux soins puisse être apporté. Le dispositif mis en place par le gouvernement à travers nos FACA et les alliés russes, aujourd’hui toute la population a reconnu qu’il y a la sécurité et la libre circulation. C’est ce qui a permis à ces ONG d’intervenir aisément pour sauver des vies. Nous sommes donc allés sur le terrain pour voir comment les réponses humanitaires qui s’étaient déroulées en faveur de ceux qui sont arrivés dans la zone. Nous avons pu rencontrer les populations à Abedaka ou nous avons parlé avec des femmes et des hommes qui sont arrivés en République Centrafricaine. Nous avons été merveilleux pourquoi, parce que la population locale les a accueilli bras ouverts. Elle a partagé avec ces réfugiés les nourritures. Ensuite, nous avons rencontré les leaders communautaires qui ont fait aussi par de leurs observations et les situations de ces personnes qu’ils ont accueillis dans les zones», a expliqué le ministre Virginie Baikoua.
Toujours selon elle, des milliers de demandeurs d’asile tchadiens sont arrivés en mai dernier en République Centrafricaine dans la sous-préfecture de Paoua, dans Lim-Pendé mais aussi à Markounda et dans la Préfecture de l’Ouham au Nord-ouest du pays, fuyant des incursions d’un groupe armé tchadien.
Malgré toutes les difficultés, la RCA a fait des efforts depuis la fin de 2022 pour s’occuper de ces réfugiés.
Des incursions de ce groupe armé, sur fonds de tension intercommunautaire liée à la transhumance a fragilisé le vivre ensemble des populations de cette région. Plusieurs civils ont été tués, entre autres pour appartenance à l’une ou l’autre communauté des belligérants. Les échanges commerciaux dans cette région frontalière avec le Tchad sont perturbés par l’insécurité, résultant des différentes incursions armées et le prélèvement des taxes additionnelles occasionnant la flambée des prix des centaines denrées alimentaires et non alimentaires jusqu’à 50% de leur prix habituel. Notons que l’insécurité alimentaire est alarmante dans ces régions.
Rappelons qu’au mois de mai dernier, la RCA et le Tchad avaient lancé des opérations militaires conjointes en vue de protéger les civils et la frontière. Le 09 juin, une délégation de haut niveau composée du Premier ministre, de la cheffe de la Minusca Valentine Rugwabiza, des hauts fonctionnaires des Nations-Unies et des Organisations non Gouvernementales ONG s’est rendue à Bedaka dans la sous-préfecture de Paoua pour se rendre compte de l’ampleur de la situation.
La réponse s’organise progressivement dans la sous-préfecture de Paoua, mais également dans celle de Markounda, régions d’accueil des demandeurs d’asile. Cette réponse couvre également les familles qui les hébergent.
Les humanitaires ont distribué les rations alimentaires de 15 jours à plus de 1460 menages, des besoins non alimentaires à 740 familles, comprenant notamment des bâches, purifiant d’eau, seaux, serviettes hygiéniques, vêtements et chaussures.
Entre 2022 et 2023, les besoins humanitaires dans la préfecture de Lim-Pendé ont augmenté de 34%, faisant d’elle la préfecture avec le plus grand nombre de personnes ayant besoin d’assistance en 2023. Selon l’assistance des besoins humanitaires, 464.000 personnes avaient déjà besoin d’assistance humanitaire et de protection dans cette préfecture suite à l’arrivée de ces réfugiés.
Dorcas Bangui Yabanga

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