La République centrafricaine a célébré en grande pompe l’arrivée de l’année 2026. Comme le veut la tradition, les familles se sont retrouvées pour échanger des vœux, partager des repas et rendre grâce à Dieu pour avoir franchi le seuil d’une nouvelle année. Dans les quartiers de Bangui comme dans les provinces, les visites aux parents et les réjouissances dans les débits de boissons ont rythmé ces journées festives. Mais derrière cette ambiance conviviale, un autre visage du Nouvel An s’est révélé : celui des accidents de circulation, qui ont endeuillé plusieurs familles. 

Le groupe Oubangui Médias s’est intéressé à ce phénomène en se rendant au service de traumatologie de l’hôpital communautaire de Bangui. Objectif : dresser un bilan des victimes reçues entre le 31 décembre 2025 et le 2 janvier 2026. Les chiffres communiqués par le docteur Tiburce Anselme Yafondo, chirurgien orthopédiste et traumatologue, sont éloquents et préoccupants. 

La veille de la fête, le 31 décembre, le service a accueilli 53 accidentés. Neuf d’entre eux ont dû être hospitalisés, dont cinq souffrant de traumatismes crâniens et quatre de fractures. Aucun décès n’a été enregistré ce jour-là, ce qui a donné un certain répit aux équipes médicales. 

Le 1er janvier, jour de la fête, la situation s’est aggravée. Quarante-neuf patients ont été reçus, parmi lesquels sept hospitalisés pour des traumatismes crâniens et diverses fractures. Malheureusement, deux décès ont été déplorés : l’un consécutif à un accident de la route et l’autre à une agression par arme blanche. 

Le lendemain, le 2 janvier, le service a connu une véritable affluence avec 73 nouveaux accidentés. Dix personnes ont été hospitalisées, dont cinq pour traumatismes crâniens et quatre pour fractures ouvertes. 

Au total, sur les trois jours, 238 malades ont été consultés, dont 24 hospitalisés. Treize cas de traumatismes crâniens et neuf fractures ouvertes ont été recensés. Ce bilan, dressé par le docteur Yafondo, illustre l’ampleur des risques liés aux déplacements festifs et met en lumière les conséquences dramatiques de l’insouciance sur les routes. 

Selon les observations  du docteur Tiburce Anselme Yafondo, la majorité des accidents sont dus à la méconnaissance du code de la route, mais aussi à la conduite sous l’effet de l’alcool et de la drogue. Ces comportements irresponsables transforment les moments de joie en tragédies pour les familles. 

Face à cette situation, il a  lancé un appel pressant à la prudence. Les autorités et les partenaires de santé sont invités à renforcer les campagnes de sensibilisation, tandis que les citoyens doivent adopter une conduite responsable pour que les fêtes de fin d’année restent des instants de bonheur et non des sources de deuil.       Rufin Mapeka-Yamo