La précarité et le manque de soutien social sont le quotidien de certaines populations de la République Centrafricaine. C’est le cas du village Longo, situé à plus de 100 kilomètres sur le long de la rivière Oubangui en amont où la population est presque abandonnée à son triste sort.


Un homme en train de préparer à manger au village Longo

Les manques des structures de santé, des infrastructures scolaires et d’eau potable sont des difficultés visibles de cette localité qui se trouve dans la commune de Damara. A cela, il faut ajouter le manque d’infrastructure routière pour atteindre la localité. Nous avons fait 30 km à pieds pour atteindre ce village perdu dans un environnement naturel.

Devant ce calvaire, les autorités de ce village se sont organisées à leur niveau pour assurer l’éducation de leurs enfants.  Une école communautaire est créée et tenue par des maitres-parents du CI au CE1.  Le pasteur David Toungoumara, craint l’avenir des enfants dans cette localité. « L’avenir du pays dépend de l’éducation qu’on donne aux enfants. C’est pourquoi, en tant que missionnaire de l’église à Longo, je me suis engagé à encadrer les enfants pour leur garantir un avenir meilleur. Les enfants sont abandonnés car,  il n y a pas d’école, pas d’instituteurs. L’église AEEBEC de Longo nous sert de local», a expliqué l’homme de Dieu.

Plus de 200 enfants sont encadrés dans cette école du CI au CE2. A la fin de leur cycle, les élèves sont remis à leurs parents. Si les enfants doivent poursuivre les cours, ils doivent se rendre  au village Sandimba situé à plus de 50 km dans la commune de Bimbo 5 ou encore descendre à Bangui pour achever le cycle primaire. La prise en charge des maitres parents ainsi que les fournitures de bureau sont à la charge des parents.

Problème sanitaire

En plus de l’éducation s’ajoute le problème de santé. A Longo,  la santé de la population est entre les mains d’un agent qui a plus ou moins bénéficié d’une formation dans le domaine.  Les femmes enceintes de Longo n’ont jamais passé un examen pré ou post natale par manque des services adéquats. Les consultations prénatales n’existent pas du tout dans ce village.

La population et les enfants n’ont jamais reçu des doses de vaccination quelconque depuis plusieurs années, pire encore le cas du Covid19.

Selon les informations collectées sur place par Oubangui Médias, les habitants de Longo ne consomment que l’eau du fleuve Oubangui. Ils sont victimes de plusieurs maladies et d’infections pulmonaires, sans oublier le paludisme qui est la première cause de consultation.

Pas d’acte de naissance pour les enfants

Les enfants naissent et grandissent sans les actes de naissance. Il n’existe pas de service décentralisé de la municipalité. L’accès reste très difficile pour atteindre Damara, là où se trouvent les services sociaux de base. Pour se rendre à Damara, les habitants de Longo doivent parcourir 80 kilomètres dans la brousse. Jamais aucune autorité de la ville ne leur a rendu visité en dehors des périodes électorales.

Cynthia Saramale, une jeune femme de 26 ans qui n’a jamais eu la chance d’avoir un acte de naissance ne souhaite pas voir ses 5 enfants grandir dans les mêmes conditions. « Moi qui vous parle, je ne sais même pas écrire mon propre nom. Je suis née et j’ai grandi ici dans ce village.  Je n’ai jamais été à l’école car elle n’existe pas chez nous. Voilà maintenant,  j’ai cinq enfants. Je ne veux pas les voir grandir dans les même conditions que moi», a-t-elle lancé.

Malgré ces conditions pitoyables, les habitants de Longo remplissent toujours leurs devoirs civiques. Ils ont participé au récent processus électoral en votant  pour la présidentielle et les législatives. 

Le village  Longo compte plus de 6000 habitants qui ne vivent que grâce à la pêche et à l’agriculture. Devant toutes ces conditions, ils ne  souhaitent qu’une seule chose : bénéficier d’une assistance multiforme de la part du gouvernement ou des ONG humanitaires pour se relever.

L’Organisation des Jeunes Leaders pour le Développement (OJLD), dirigée par Crépin Azouka a procédé le week-end dernier à l’évaluation des besoins de ces habitants pour des éventuelles assistances.

Anthony Sibanda