Le Comité de gestion du projet d’autonomisation des femmes et des filles, Maingo, a présenté le vendredi 20 février, le bilan de ses activités pour l’année 2025 ainsi que ses perspectives pour 2026. Selon Paulin Calixte Ngatoua, responsable du suivi-évaluation, les réalisations sont satisfaisantes malgré quelques défis rencontrés.
Jusqu’au 20 février 2026, le taux d’exécution physique du projet s’élève à 43,46 %. Pour atteindre les objectifs fixés à 100 %, le projet entend miser sur de gros contrats, dont certains sont en attente de signature. L’équipe prévoit également d’accélérer la mise en œuvre de ses activités, notamment les espaces sûrs, qui représentent déjà une part importante du budget du projet.
Sont également prévus l’achat de médicaments pour appuyer le ministère de la Santé dans ses activités, ainsi que le soutien aux centres de formation professionnelle et d’alphabétisation.
« Si nous n’avons pas encore atteint les 100 %, le taux d’exécution est aujourd’hui de 43,46 %. Il nous reste pratiquement neuf mois pour boucler le projet. La stratégie consiste à accélérer la mise en œuvre en se focalisant sur les gros contrats, notamment les espaces sûrs, qui constituent une part importante du budget. Il y a aussi l’achat de médicaments pour appuyer le ministère de la Santé, ainsi que d’autres contrats liés aux centres de formation professionnelle et d’alphabétisation que nous avons réhabilités. D’ici peu, nous allons acquérir des équipements pour les mettre à leur disposition », a déclaré Paulin Calixte Ngatoua.
Malgré quelques difficultés, le responsable du suivi-évaluation se veut rassurant quant aux résultats obtenus. « Aujourd’hui, les principaux résultats témoignent de l’engagement de l’unité de gestion à mettre en œuvre le projet. Les réalisations sont donc satisfaisantes. Comme tout projet, il existe des défis et des contraintes à relever. Nous avons notamment connu une suspension de décaissement qui a entraîné des retards dans la mise en œuvre, ainsi que des lenteurs dans la signature de certaines demandes de fonds. Néanmoins, des solutions ont été trouvées pour y faire face », a-t-il expliqué.
Paiement des bourses aux élèves
Pour cette année, le projet a annoncé que seules les filles inscrites en classe de 6e seront prises en compte dans le cadre des bourses scolaires.
« Nous avons retenu uniquement les élèves de 6e, car l’indicateur prévu pour cette activité visait entre 35 000 et 37 000 bénéficiaires. Nous avons constaté que la bourse a fortement motivé les élèves en 2023-2024, poussant certaines filles à revenir à l’école malgré des situations difficiles, notamment celles qui sont déjà mères. Mais l’enveloppe budgétaire étant fixe, nous avons fait des calculs. En attribuant 50 000 francs par élève, nous pouvions intégrer environ 8 000 bénéficiaires supplémentaires. Pour cela, nous avons dû arrêter la prise en charge des classes de 5e, 4e et 3e afin d’augmenter l’effectif global, qui pourrait atteindre entre 39 000 et 40 000 élèves. Compte tenu de l’enveloppe disponible, nous avons décidé de payer uniquement les élèves de 6e », a précisé le responsable.
Le processus est encore en cours et devrait concerner plus de 30 000 élèves dans les huit zones couvertes par le projet. Par ailleurs, les bénéficiaires déjà sélectionnés l’an dernier et qui n’ont pas encore été payés le seront également.
« Cette année marque la fin du projet, avec une couverture des huit préfectures ainsi que du Grand Bangui. Nous pourrions atteindre plus de 30 000 élèves. Lors des phases 2 et 3, en 2024-2025, environ 9 000 élèves étaient concernés, mais seuls un peu plus de 5 600 ont été payés. Les autres étaient pour la plupart absentes, notamment en raison de la période électorale. Dans certaines zones comme Ouaka, Nana-Gribizi et la Kémo, plus de 10 000 à 11 000 élèves restent à payer. Dans le Grand Bangui, après réduction de l’effectif, le nombre de bénéficiaires se situe entre 5 000 et 6 000 », a-t-il détaillé.
Concernant les difficultés techniques rencontrées lors des paiements, notamment avec l’utilisation du mobile money, des mesures correctives sont prévues cette année.
« C’était une première expérience avec Orange pour le paiement des bourses. Certaines cartes SIM ont été bloquées à cause de manipulations inappropriées. Les élèves doivent éviter toute manipulation jusqu’à la réception du message confirmant le paiement. Nos équipes chargées de la gestion des plaintes traitent ces cas. Cette année, des dispositions supplémentaires ont été prises. Les équipes seront sur le terrain pour encadrer le processus et corriger les éventuelles erreurs, par exemple lorsqu’un nom apparaît sur la liste mais pas lors du paiement », a expliqué Paulin Calixte Ngatoua.
Présentation du projet
Maingo est un projet du gouvernement centrafricain d’une durée de cinq ans, financé par la Banque mondiale à hauteur de 50 millions de dollars. Il est mis en œuvre dans huit préfectures de la République centrafricaine à travers quatre composantes principales.
Son objectif est d’améliorer l’accès aux services essentiels de santé, à l’éducation et aux opportunités d’emploi favorisant l’autonomisation des femmes et des adolescentes dans les zones ciblées.
La fin du projet est prévue en 2026. Toutefois, pour atteindre les résultats attendus, le Comité de gestion a sollicité une prolongation auprès de la Banque mondiale jusqu’au 31 décembre 2027. Déus Gracias Tchémanguéré

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