« Papa Bok », ainsi certains le surnomment,  l’Empereur Jean-Bedel Bokassa 1er, a été détrôné, jour pour jour, dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979 par l’opération Barracuda menée par des commandos français venus du Tchad en vue d’installer et d’imposer David Dacko comme président de la République Centrafricaine (Dacko II).

Certains fils du pays qui ont vécu ou assisté à cette scène comme dans un film d’action américain, se souviennent encore comme hier de cette opération de grande envergure. Ils s’interrogent sur l’avenir de la République Centrafricaine vue tout ce qui se passe depuis quelques années dans le pays avec l’arrivée de la Fédération de la Russie à travers des accords aussi militaires, économiques, minières et humanitaires qui lient ces deux pays.

Le peuple centrafricain pourrait encore assister à une unième opération de telle envergure comme ce fut le cas le 20 septembre 1979 ?

Aujourd’hui, la géopolitique et la géostratégie menées par la Fédération de la Russie et la République Française sur le sol centrafricain (théâtre de la géopolitique) sont bien visibles. La République Centrafricaine est au centre du détachement de la Russie en Afrique.

A titre de rappel, l’empereur Jean-Bedel Bokassa avait fait, non seulement usage de la force pour se maintenir au pouvoir mais également pour réaliser son projet de société. C’est ainsi qu’il a réussi à construire des infrastructures administratives, routières, sportives qui continuent de servir le pays jusqu’aujourd’hui. « Les droits fondamentaux tels que : le droit à l’égale protection des lois, le droit à une procédure légale et à des procès équitables, le droit à la parole et à l’expression écrite, le droit à l’adhésion à une association politique ou quelconque de son choix ont été bafoués et méconnus au temps de Jean-Bedel Bokassa », a écrit Zacharie Gounoumoundjou in Histoire mouvementée de la démocratie en République Centrafricaine de Barthélémy Boganda à Faustin Archange Touara 1946 – 2016.

Il importe de s’interroger : est-ce que la République Centrafricaine peut encore trouver un leader aussi moins lettré mais sage et nationaliste qui laisse passer d’abord l’intérêt de son peuple avant tout son égo ? Un homme dont la ruse politique et diplomatique contribue au développement de son pays. Un homme comme Bokassa mais démocrate et non dictateur.

Stéphane Nino KEMBI