Dans presque toute la ville de Bangui ce phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur. Il s’agit d’un espace réservé à la maison des jeunes de Fatima qui a été occupé d’une manière anarchique par certaine population, dans le 3ème arrondissement de Bangui. Alexandre Pamphile Maléyombo, Directeur de Cabinet au Ministère de l’Urbanisme a donné plus de précisions sur cette affaire lors d’une entrevue avec Oubangui Médias.

Oubangui médias : Monsieur Alexandre Pamphile Maleyombo Bonjour

Alexandre Pamphile Maleyombo : Bonjour madame la journaliste.

Oubangui médias : Les habitants qui sont aux alentours de la maison des jeunes de Fatima s’insurgent face à la récupération de leurs terrains par l’État, après plusieurs années d’occupation. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cette reprise jugée brutale par la population ?

Alexandre Pamphile Maleyombo : Vous savez le Ministère de la jeunesse a saisi le département de l’urbanisme demandant de remettre les limites réelles du terrain de la maison des jeunes de Fatima et j’ai commis une équipe technique, le chef de service de la région de Bangui rapide d’aller sur le terrain pour remettre les bornes. Conformément au plan directeur que nous disposons ici au sein du département. Nous sommes venus retrouver des anciens plans directeurs de la ville de Bangui ce n’est pas élaboré à notre époque aujourd’hui, c’est des plans qui datent des années 60 et des années, 70 il était prévu une maison des jeunes dans ce secteur. Aujourd’hui, grande a été notre surprise la maison des jeunes de Fatima est presque envahie par la population riveraine et on nous demande d’aller remettre les bornes, qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne peut respecter ce qui est prévu sur le plan directeur de la zone. Le plan du secteur de la zone de Fatima, précise que les limites réelles de la maison des jeunes, c’est ce que le géomètre est allé implanter, il s’est buté à la résistance de la population mais cela fait partie des faiblesses de l’Etat. Parce que nous constatons que l’Etat ne suit pas ou les départements sectoriels ne font pas le suivi de leur terrain octroyé par le ministère de l’urbanisme. Le cas de ministère de l’éducation est un exemple palpable. Vous allez au lycée de Miskine ; malgré la clôture, mais comme même un bâtiment se trouve à l’intérieur ; à l’école Ndrès à Boy-rabe, école Mandaba C’est pareil. Nous sommes allés vers le secteur de Bimbo, nous avons un travail d’aménagement dans ce secteur, que nous avons réservé des sites pour la construction des lycées, en ce moment, le site est en train d’être envahit. Le ministère de l’éducation veut aller construire un collège à Bimbo, on a eu la résistance de la population, nous sommes au niveau du tribunal avec ces gens-là alors que le titre foncier existe déjà mais à chaque fois que l’Etat prévoit des espaces pour les infrastructures administratives, malheureusement C’est la population qui occupe tous ces espaces et elle prétend être la propriétaire alors que c’est faux.

Oubangui médias : Sur quels fondements l’État revendique-t-il la propriété de ces terrains, alors que certains occupants affirment détenir des titres fonciers ?

Alexandre Pamphile Maleyombo : Mais ces gens viennent présenter leurs titres fonciers, c’est ce que je disais tantôt, on va essayer d’examiner est ce que c’est des vrais titres fonciers, à ce que je sache, si sur le plan de section c’est établi, la maison des jeunes ou alors école, on ne peut pas attribuer un document administratif à des tierces personnes. Si quelqu’un a des titres fonciers, il doit se présenter au niveau du département et on va essayer d’observer si c’est un vrai titre foncier ou pas c’est ce que je pouvais vous dire à ce sujet.

Oubangui médias : Où en est-on concrètement avec le projet du « Grand Bangui » annoncé par le Chef de l’État ?

Alexandre Pamphile Maleyombo : Le projet de Grand Bangui, vous savez c’est un grand projet. Et se sont des projets qui nécessitent beaucoup d’investissements, beaucoup des capitaux (humains et financiers). Avec la question de trésorerie de notre pays, on ne peut pas se lever par un bâton magique et commencer à construire des nouvelles villes, construire des nouveaux bâtiments par-ci par-là mais, nous sommes en train de travailler dans ce sens, le projet Grand Bangui en un mot est une vision et la vision qui peut traduire ça, c’est le Ministère de l’Urbanisme C’est ce que nous sommes en train de faire. Aujourd’hui la ville de Bangui est saturée et nous sommes en train de faire des petits aménagements à la périphérie de la ville de Bangui. En construisant à l’extension de la ville et le grand projet, c’est le projet, nous devons l’élaboré autour de PK 26 malheureusement l’Etat ne dispose pas de moyens pour le lancement de ces opérations mais nous sommes en train de nous battre pour que la faisabilité puisse voir le jour concernant le projet de grand Bangui.

Oubangui médias : Lors de chaque opération d’aménagement urbain, des tensions surviennent entre les occupants traditionnels et les services d’urbanisme. D’où vient ce manque de compréhension entre les deux parties ?

Alexandre Pamphile Maléyombo : Selon la loi de notre pays, la loi de 1964 que nous sommes venus trouvés parce que je suis né après l’indépendance. Lorsqu’on est venu, les colons, ont déjà élaboré la première loi qui date de 1898 et nous avons travaillé avec cette loi jusqu’à ce que l’indépendance est arrivé et on a modifié ce projet de texte là et en 1964, une loi a été votée et promulguée et c’est cette loi que nous travaillons avec jusqu’aujourd’hui. Dans cette loi, certains articles stipulent que la terre appartient à l’Etat Centrafricain, elle n’appartient pas à moi mais à l’Etat Centrafricain. Qu’est ce qui se passe aujourd’hui la ville de Bangui est déjà saturée et on doit croiser les bras et laisser la ville s’étendre de manière anarchique ? Il faut prendre le devant pour faire une planification d’extension de notre ville. Quand on vient sur le terrain, on ne trouve pas un champ, ni une maison ou ce terrain appartient à tel ou tel Monsieur. Comment peut-on savoir que la brousse peut appartenir à quelqu’un à partir du moment où y a aucune activité sur le terrain. Mais si les gens ont des champs sur le terrain, ceux-là, on leur trouve de solutions.  Ce qui nous bloque aussi se sont les ventes illicites des parcelles par les chefs de village à la périphérie de la ville de Bangui. Comprenez à peu près ce qui se passe.

Oubangui médias : Quel message souhaitez-vous adresser à la population concernée par cette situation ?

Alexandre Pamphile Maléyombo : Mon dernier message, ça concerne les occupants traditionnels, il faut qu’ils nous laissent tranquille travailler pour le pays. S’ils ont des difficultés qu’ils se rapprochent du département. À chaque aménagement, nous avons mis en place un comité de suivi, un comité d’aménagement où il y a des responsables locaux de la zone. Tel qu’au niveau de Samba, y’a les responsables qui sont dans le comité d’aménagement. Sur la route de Damara et Boali C’est pareil. Donc ce sont les représentants de la population. S’il y a des difficultés, elle se rapproche de ce comité pour poser leurs problèmes et on va trouver de solutions. Que de se lever et bloquer les opérations de l’Etat pour le développement de notre pays.

Oubangui médias : Monsieur le Directeur de Cabinet, nous vous remercions

Alexandre Pamphile Maléyombo : C’est à moi de vous remercier.

Interview réalisée par Gisèle Yassoungombi Gbezoua