Cela fait plus de 5 mois que la population de Batalimo est dans le pétrin. La montée en puissance d’un lac sur la route qui va à Mongoumba met les habitants et passagers en difficulté. Pour cette population qui se dit marginalisée, aucune autorité ne leur vient en aide car, les véhicules qui viennent souvent acheter leurs marchandises ont rompu les trafics sur cet axe. Lors d’une mission de l’Oubangui Médias Mongoumba fin décembre 2023, la population appelle les autorités à l’aide.
A bord d’un pic up, nous avons quitté Bangui pour Mongoumba le 25 décembre 2023, accompagnant l’artiste gospel Carole Zokoua pour son activité sociale au profit des enfants orphelins et victimes des inondations qui ont frappé le pays et la localité de Mongoumba. Arrivés au village Sakoungou à Batalimo, alors que nous n’avions pas des informations sur l’état de la route, notre véhicule s’est embourbé. Le conducteur après un effort vain coupe le moteur. Nous avons passé la nuit dans l’eau. De 23 heure GMT à 7h du matin, il n’y avait pas de possibilité d’avancer ni de reculer. Nous avions été aidés par une machine de la société forestière pour sortir le véhicule, moyennant 5.000 FCF à l’aller et 5.000 FCFA au retour.
Ceci illustre le calvaire sur cet axe qui connait un phénomène inhabituel cette année à cause de la montée des eaux.
La commune de Batalimo est située à 160 km de Bangui au sud de la RCA. C’est depuis un certain temps que cette localité est isolée à cause de l’état de dégradation de la route mais surtout avec le lac qui s’est formé sur la grande route. Les gros véhicules des sociétés forestières ou autres éprouvent des difficultés à passer. Pourtant, cette route du corridor 13 est économique pour le pays. Les marchandises quittent les villes de Pointe Noir et Brazzaville pour passer par là afin de rejoindre la capitale Bangui.
En effet, après les inondations qui ont touchée plusieurs localités de la RCA, la commune de Batalimo n’a pas été épargnée. Pour cette commune, la grande route est devenue le lac ou les gens traversent pieds dans les eaux malpropres aux conséquences sanitaires graves.
Pour tenter de sauver la situation et faciliter le trafic, une société forestière a essayé de créer une piste de déviation. Mais, les eaux empêchent toujours la fluidité de transport et la population se dit oublier par les autorités centrales.
Plainte de la population
Jean Claude Bakouala, chef d’exploitation forestière de la société Industrie Forestière de Batalimo (IFB) de Batalimo se confie à l’Oubangui Médias : « C’est depuis qu’on travaille dans cette zone mais on ne connait pas la sortie des eaux comme pour cette année. Cette sortie freine toutes nos activités. Le passage des véhicules sur cette route est un problème puisque l’eau monte en puissance et cela a fait que si un véhicule vient pour se rendre à Mongoumba, une fois arrivé ici, nous sommes obligés de prendre nos machines pour faire traverser les passagers. Nous demandons à ce que le gouvernement prenne sa responsabilité. Les habitants de cette localité sont aussi des centrafricains ».
Selon des habitants de Batalimo, les clients qui venaient pour acheter leurs marchandises pendant la saison des récoltes ne viennent plus. Ils restent à Mbata mais les agriculteurs de Batalimo n’arrivent pas à écouler leurs produits champêtres.
Samuel Molomadon, habitant de Sakoungou à Batalimo nous en parle: « c’est pour la première fois que cela arrive dans ce village. Nous ne savons pas comment c’est arrivé. Cette flaque d’eau nous a mis en difficulté. Les commerçants ne viennent plus alors que nous avons nos récoltes stockés à l’intérieur de la maison et qui peuvent pourrir. Ici déjà, pour acheter quelques choses, il faut traverser de 10 à 12 km à pieds à cause cette situation. Tout est devenu chère. Les produits qu’on achetait à 50 FCFA coutent 150 F CFA alors que nous ne vendons rien pour le moment. Que les autorités entendent nos cris».
Un groupement des jeunes de cette localité tente de trouver des solutions en apportant de l’aide aux personnes de troisième âge et en situation du handicap, afin de les aider à traverser cette difficulté de circulation. Mais cette solution reste éphémère.
Un projet sous-régional pour la construction
Cette route du corridor 13 bénéficie d’un projet sous-régional de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour la construction. Ce projet consiste le développement du corridor de transport multimodal Pointe Noire-Brazzaville-Bangui-N’djamena. Il s’agit d’un appui financier de plus de 164 milliards de francs CFA que la BAD avait accordé pour servir à l’aménagement et au revêtement de la route Gouga-Mongoumba-Mbaïki et Bangui.
Le 20 novembre 2023, un contrat a été signé entre le ministère des Travaux publics et l’entreprise Turque dénommée Metag Holding pour l’exécution des travaux du premier lot en 24 mois.
Alors que le développement d’un pays passe d’abord par la route, en Centrafrique, cette affirmation est loin de devenir une réalité.
Dorcas Bangui Yabanga

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