Paru en janvier dans « Dynamique Femme », le Magazine féminin du Groupe Oubangui Médias

Juriste et activiste sociale, Rosalie Kobobeth met son expertise au service des femmes, des jeunes et des communautés. Entre responsabilités familiales, défis du terrain et mobilisation citoyenne, elle incarne une génération déterminée à faire de la justice un outil d’émancipation en Centrafrique.

Juriste de formation et activiste sociale engagée, Rosalie Kobobeth fait partie de ces voix féminines qui redonnent sens au mot justice en Centrafrique. Sa trajectoire est intimement liée à une volonté profonde : comprendre les mécanismes d’inégalités pour mieux les combattre. Dès ses années d’études, le droit s’impose à elle comme un outil concret de transformation sociale. « Le droit me permet de comprendre les enjeux, d’ouvrir les yeux sur les inégalités. C’est une boussole qui m’oriente vers le bon chemin », confie-t-elle.

Cette conviction, née sur les bancs de l’université, s’est renforcée au contact des réalités du terrain, où elle découvre la vulnérabilité de nombreuses femmes et communautés qui manquent de soutien.

Pour Rosalie, l’activisme n’a jamais été un choix soudain ou stratégique. Il s’est imposé comme une continuité naturelle de son métier. Face aux injustices, elle refuse de rester spectatrice. Elle s’engage, d’abord timidement, puis avec une détermination de plus en plus assumée. Son combat se structure autour de plusieurs axes : la défense des droits des femmes, la lutte contre les violences basées sur le genre, l’accès des jeunes à l’éducation, la participation citoyenne et la promotion de la paix. À travers ces causes, elle cherche à bâtir une société où chaque voix compte et où les communautés sont actrices de leur propre changement.

Sur le terrain, son expertise juridique lui confère une légitimité et une efficacité particulières. Elle accompagne des victimes dans leurs démarches, forme des groupes de femmes, anime des ateliers de sensibilisation et mène des actions de plaidoyer. Le droit n’est jamais un discours abstrait pour elle : il devient un outil vivant, capable de redonner confiance et pouvoir à ceux qui se sentent exclus. Elle aime rappeler que comprendre le cadre légal est indispensable pour défendre les intérêts d’autrui, et que la connaissance juridique est un tremplin d’émancipation. Parmi les moments les plus marquants de son parcours, Rosalie retient surtout les victoires collectives : ces femmes qu’elle a vues passer de la peur à l’assurance, oser prendre la parole publiquement, revendiquer leurs droits et influencer des décisions au niveau local. Ces transformations personnelles et communautaires nourrissent sa motivation. Elles rappellent que l’impact réel d’un engagement se mesure à la capacité de créer du changement autour de soi.

Cependant, son parcours n’est pas exempt de défis. Être femme, juriste, militante, épouse et mère en Centrafrique nécessite une force d’équilibre inhabituelle. Elle évoque souvent la difficulté de concilier ses engagements avec ses responsabilités familiales. « Être femme est une grande responsabilité. Il faut combiner la lutte pour les droits des femmes avec le rôle de mère et de femme au foyer », explique-t-elle. Dans un contexte où la présence féminine dans l’activisme reste faible, elle doit aussi composer avec le manque de ressources, les stéréotypes et parfois des résistances. Il lui arrive, par exemple, de devoir solliciter l’accord de son conjoint avant d’accompagner d’autres femmes dans une procédure judiciaire, ce qui n’est pas toujours évident. Loin de la décourager, ces obstacles renforcent sa détermination à poursuivre la lutte.

Sa méthode de travail repose sur la proximité et l’écoute. Rosalie croit profondément en la co-construction des initiatives. Elle sait que les projets les plus solides sont ceux que les communautés s’approprient elles-mêmes. C’est pourquoi elle prend soin de collaborer avec les habitants, d’intégrer leurs idées et de valoriser leurs forces. Cette approche participative, alliée à sa sensibilité humaine, lui permet de mobiliser durablement les populations.

Pour les jeunes filles qui rêvent de s’engager, Rosalie incarne un modèle de courage et de persévérance. Son message est clair : croire en sa propre voix, se former, s’entourer de personnes bienveillantes et ne jamais attendre l’autorisation d’agir. Elle rappelle que le changement commence toujours par une personne qui ose.

Regard tournée vers l’avenir, Rosalie nourrit de nombreuses ambitions. Elle souhaite intensifier ses actions de plaidoyer, mettre en place des programmes d’autonomisation pour les jeunes femmes et développer des espaces structurés de dialogue intercommunautaire. Son objectif à long terme est de contribuer à des réformes durables dans le domaine de la justice sociale et de la participation citoyenne, afin de bâtir une société plus juste, inclusive et pacifique.

Ainsi, Rosalie Kobobeth s’affirme comme une figure montante de l’engagement social en Centrafrique. Son parcours, à la fois professionnel et humain, témoigne d’une détermination rare : celle de mettre le droit au service de la dignité humaine et de faire de chaque lutte individuelle une victoire collective.

Dorcas Bangui Yabanga

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