Suite à une étude de la Banque Mondiale en collaboration avec la composante sécurité routière du projet d’urgence de rétablissement des Infrastructures et de la connectivité (PURIC-RCA), le ministère des transports envisage la mise en place d’une agence de la sécurité routière pouvant permettre de réguler la circulation afin de réduire le taux d’accidents de circulation. Cette information ressort d’un atelier national de validation du rapport d’actualisation de la stratégie nationale de la sécurité routière, le mardi 26 mars par les parties prenantes à Bangui.
« Si on regarde aujourd’hui les statistiques au niveau des accidents en Centrafrique, on se rend compte qu’avec à peu près 29 décès pour 100 milles centrafricains, le ratio centrafricain est largement au-dessus de la moyenne en Afrique. Donc1500 décès par an en Centrafrique, c’est quelque chose d’énormes ! Que ce soit au niveau individuel, familial ou national, ces pertes sont sur le plan économique, des éléments qui sont très destructeurs parce que si on regarde les éléments les plus récents on se rend compte que le coût social des accidents de la route en Centrafrique est de 130 millions de dollars ce qui représente à peu près 6 % du PIB centrafricain et ce manque clairement qu’agir dans le sens de la sécurité routière c’est quelque chose qui peut être d’un accord conséquent pour le pays », a expliqué Francis Wanambele chargé du projet PURIC à la Banque Mondiale.
Cette analyse du chef du projet a conduit à une étude menée par un technicien international de nationalité italienne. Il s’agit de M. Edouardo Mazzia, qui, à la fin de son travail technique se livre à la presse lors de cet atelier de validation : « Nous avons consulté toutes les parties prenantes pour vérifier la situation actuelle de la sécurité routière surtout au niveau de gestion pour recommander des plans d’actions qui soient faisables dans les courts et moyens termes. En effet, l’objectif est de proposer quelque chose qui soit faisable avec les ressources à disposition dans le pays. Et dans les courts termes, il est indispensable de mettre en place une agence. C’est l’un des volets de mon assistance de proposer la mise en d’une agence indépendante pour la gestion de la sécurité routière dans le pays », a suggéré le technicien international.
Cette proposition est prise en compte par le ministère qui envisage évoluer dans cette lancée. Joachim Bigue, inspecteur central au ministère des transports, chef de la composante sécurité routière du projet PURIC-RCA s’attelle sur le fonctionnement de cette agence : « Après les différentes crises que notre pays a connues, il y a des multiples cas d’accidents à cause de l’augmentation de l’effectif des motos taxi et de la dégradation des routes. La vision du ministre des transports est de mettre en place une agence nationale de la sécurité routière pour fédérer au sein de cette agence, tous les acteurs clés qui peuvent intervenir dans le domaine de la sécurité routière afin de réduire d’une manière substantielle le taux d’accidents de circulation en République centrafricaine. Il s’agit d’une agence multidimensionnelle qui regroupera les cadres du ministère des transports, de la police, de la gendarmerie et le ministère de la santé sera aussi représentée pour travailler en synergie afin que les actions menées puissent avoir de l’impact visible sur la population centrafricaine ».
A en croire l’inspecteur Bigue, dans cette stratégie qui va être validée, il y a une nouvelle approche qui prend en compte la réhabilitation des routes, des panneaux de circulation pour une garantie de la santé publique : « Dans cette stratégie, on a développé une approche qui est dit « système sûr ». Cette approche est basée sur une route sûre, un véhicule sûr, un usager de la route sûr et la prise en charge après accident. Donc, on ne peut pas faire de la sécurité routière sans aménager la route et les trottoirs. Il y aura installation des panneaux de signalisation pour permettre aux conducteurs de bien rouler », a-t-il précisé.
Cependant, la mise en place de cette agence nécessite l’appui des partenaires. La Banque Mondiale est déjà engagée à soutenir le gouvernement centrafricain dans cette lancée mais il est important de préciser que le ministère des transports doit prendre le lead. En ce qui concerne la stratégie nationale de la sécurité routière qui vient d’être revue, le coût des travaux s’élèvent à 4 milliards de francs et pour une durée de 3 ans.
Belvia Espérance Refeïbona
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