Ismaëli Imoini Nzoba, un jeune de moins de 25 ans fait partie de cette génération qui veut révolutionner le cinéma centrafricain et le métier de l’audiovisuel d’une manière générale. Oubangui Médias s’est intéressé à son parcours et ses réalisations professionnelles.

Ce jeune fait du cinéma sa passion, sa profession. Depuis cinq ans, Ismaëli Imoini Nzoba redécouvre que le cinéma fait partie de sa vie car, il a toujours voulu raconter des histoires et transmettre des émotions. Pour Ismaëli, dans ce monde du cinéma, chaque projet est unique et tout est apprentissage.

Il nous raconte ses débuts : «  J’ai commencé le cinéma en tant que comédien dans un groupe dénommé « les Héritiers de l’Art ». Animé par l’envie d’écrire et d’apprendre plus, je me suis mis à apprendre l’écriture tout seul en lisant des articles et documents sur internet. J’ai aussi appris sur les plateaux, ce qui m’a permis de beaucoup apprendre », a-t-il posé comme base.

Entre 2021-2022, Ismaëli Imoini Nzoba a fait « ciné Bangui », un projet de l’ambassade de France et de l’Alliance française de Bangui.  Là, il affirme améliorer ses techniques en écriture mais a aussi appris la gestion d’un plateau,  la réalisation dans le domaine de la fiction. « J’ai écrit deux films qui ont été réalisés. J’ai coécris un autre. J’ai réalisé GOURA, mon film qui a été sélectionné dans plusieurs festivals et qui a eu des prix dont les plus ressens sont le « bantou » au festival Bangui Fait son Cinéma en novembre et  le prix du meilleur film d’un réalisateur de moins de 25 ans au festival phare en Mauritanie », a-t-il révélé.

Dans le souci de se perfectionner afin de contribuer au développement du cinéma centrafricain, Ismaëli avait réussi aux bourses en 2023 de l’université d’été de la FEMIS, à Paris en France, une résidence en formation documentaire. Là aussi, il a fait un court métrage, « REGARDS », qui sera projeté le 12 janvier prochain à l’Alliance Française de Bangui.

Ce jeune passionné du cinéma fait partie des initiateurs d’un atelier d’écriture de cinéma,  dénommé « écrire à Bangui ». Il a travaillé quelque temps pour les Editions Oubangui comme chargé de communication. Il a aussi été à Global TV Africa comme reporter d’image et gestionnaire de la page web de cette télévision privée qui a fermé ces portes. A Kéa Kwis Production, il a été photographe et cadreur.  Ses talents ont traversé les frontières. En France  Ismaëli Imoini Nzoba été assistant réalisateur sur  « Tectonico », un film de Antonia Olivares. Il fait des prestations en réalisant des vidéos pour des particuliers ou institutions.

Deux films professionnels déjà disponibles

Ismaëli Imoini Nzoba a déjà réalisé deux films professionnels :

« GOURA », un film de 20’1’’, réalisé en 2022.  Dans ce films, Mima qui vient à peine de perdre son mari subit sans résister la spoliation de ses biens après la mort de Innocent son mari. Elle cherche à fuir quand sa belle-famille a décidé de lui arracher ses enfants après qu’elle ait refusé de se mettre en couple avec le petit frère de son défunt mari.

« GOURA » a été primé dans plusieurs festivals  notamment en Chine, le festival du film Africain d’Atlanta aux USA, le festival international du film de Kinshasa, international image festival for women au Zimbabwe, le phare international film festival Mauritanie, Bangui Fait Son Cinéma, URUSARU international film festival  au Rwanda. D’autres sélections et prix doivent être officiellement annoncés dans les jours qui viennent.

« REGARS », un court métrage de 9’39’’ est sorti en 2023. En effet, autour de la question «  qu’est-ce que tu penses que les gens pensent de toi », plusieurs personnes de milieux et tranches d’âge différents donnent leur pensée sur la question qui renvoie à une connaissance de soi.

« La projection du 12 janvier est le premier évènement que j’organise en 2024. Je souhaiterais à ce que le public s’interroge sur la connaissance de son être et de l’importance du cinéma dans le développement. Mettre les bailleurs et ceux qui fabriquent les films ensemble, c’est l’un des objectifs de cette projection-débat que j’invite le public à participer massivement », a lancé Ismaëli Imoini Nzoba. 

Un regard révolutionnaire

Le cinéma centrafricain a pris ses envoles depuis quelques années, un envole booster par l’organisation du festival Bangui Fait Son Cinéma, un grand rendez-vous des films afro descendants qu’organise depuis 2020 Sylviane Gboulou.

Dans cette logique, Ismaëli Imoini Nzoba porte un regard révolutionnaire. « Le cinéma en RCA fait partie des domaines qui évoluent de jour en jour. Ces cinq dernières années, beaucoup de films centrafricains ont été primés sur le plan national et international. D’ici quelques années, le cinéma centrafricain atteindra un niveau jamais vu. Déjà à travers le cinéma, beaucoup orientent leur regard vers la RCA. C’est pour cette raison que nous jeunes, nous voulons révolutionner le cinéma centrafricain », a déclaré Ismaëli.

En 2024, Ismaëli Imoini Nzoba travaille sur le projet « Sur l’Oubangui », un long métrage fiction ainsi que «  il était une fois Léonie Yangba » un projet de documentaire qui parle de la première réalisatrice centrafricaine.

Fridolin Ngoulou