Lors d’une mission à Birao, nous avons eu le privilège de rencontrer Fadal Ousmane Fatou qui est une soudanaise de 25 ans qui a trouvé refuge en Centrafrique avec ses six enfants. Elle est admise sur le site Korsi depuis déjà six (6) mois grâce au concours du HCR et Intersos qui les ont déportés d’Amdafock à Birao et y vit dans des conditions moins favorables. Elle accepte de nous raconter son histoire.
Dans une tente fait en bâche, Fatou se tenait juste en face entourée de ses enfants pour la routine quotidienne du site qui les contraint à attendre les vivres et les repas chaud servis sur le site. Elle habitait la ville de Nyala avec son mari et ses six enfants. Suite à la guerre qui s’est éclatée au Soudan, elle et ses enfants n’arrivaient pas à supporter les détonations d’armes. C’est juste à deux jours des bruits qui ont finalement gagné Nyala qu’elle a décidé de fuir, laissant derrière elle tout son bien juste pour avoir la vie sauve.
« On a perdu nos biens mais nous avons la vie sauve. Nous avons perdu certains parents. Et on ne connait pas les traces d’autres aussi. Nous avons parcouru des kilomètres sans trouver un véhicule. Nous sommes arrivés au bout de quelques jours à Amdafock du côté centrafricains dans des conditions atroces où nous avons passé un mois. C’est après que les ONG se sont approchés de nous pour donner quelques vivres et des cartes qui nous ont permis d’avoir accès à certains services. C’est après toutes ces démarches que l’UNHCR et Intersos nous ont fait venir à Birao en véhicule. Nous avons eu un voyage difficile avant d’arriver sur le site Korsi », témoigna cette dernière.
Cependant, elle explique que sa vie n’est pas encore ce qu’elle souhaite mais elle tient juste le coup dans ces moments difficiles. Elle apprécie déjà le fait d’avoir de l’eau en permanence sur le site et souhaiterais voir les choses améliorer avec le temps. « Pour le moment, nous n’avons aucune activité pour nous occuper. Nous sommes là depuis près d’une semaine et vivons la routine. Mes enfants ne mangent pas à leurs faims et demandent un peu trop que ce que je leur donne. J’espère avec le temps qu’on pourra s’en sortir un jour et rentrer en bonne santé chez nous », s’est-elle plainte.
De l’autre côté, les autorités locales et administratives mettent beaucoup d’énergie possible pour assurer une vie meilleure à ces réfugiés et une cohésion avec les habitants de la ville de Birao. Des Forces de Défense et de Sécurité sont disposées à l’entrée même du site pour la sécurité des occupants.
Le Secrétaire Général de la préfecture de Birao rassure d’ailleurs que: « dans la ville de Birao, on a trouvé un site qu’on a apprêté pour ces demandeurs d’asile. La population de Birao est majoritairement musulmane et il y a une symbiose entre cette population soudanaise qui arrive parce qu’elle parle la même langue. Ce qui veut dire qu’ils s’entendent déjà entre eux donc il n’y a aucun souci à se faire ».
Hormis la cohésion et la sécurité de réfugiés qui sont rassurées par les autorités, il faut noter que les agences onusiennes et ONG internationales et nationales comme le UNHCR, l’UNICEF, Intersos, etc se mobilisent pour une assistance d’urgence à ces demandeurs d’asile qui trouvent refuge en Centrafrique. Des efforts sont en train d’être faits pour leur insertion sociale et socio-économique à travers l’Agriculture, la couture etc.
Mais du côté de l’UNHCR qui est l’organe de référence pour l’assistance aux réfugiés, il faut noter un sous-financement qui freine l’allure d’une assistance à ces demandeurs d’asile. Il est aussi important de rappeler que les 15,335 personnes arrivées du Soudan en Centrafrique suite au conflit, dont 10,634 demandeurs d’asile soudanais et 4,701 rapatriés centrafricains doivent être ramenées à Birao 64 km de la frontière pour les mettre à l’abri. Parmi elles, 1004 personnes sont déjà relocalisées sur le site Korsi de Birao (soit 418 familles).
D’ailleurs le transport de tout ce monde nécessite beaucoup de moyens logistiques en cette période pluvieuse où les routes sont impraticables à Birao. En dehors des quelques personnes qui arrivent de leurs gré sur le site Korsi, beaucoup de personnes sont encore à Amdafock et demandent une assistance humanitaires et des moyens logistiques pour regagner le site Korsi.
Belvia Espérance Refeïbona de retour à Birao

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