Le monde entier célèbre chaque année, le 21 septembre la Journée internationale de la paix. L’Assemblée générale des Nations Unies a consacrée cette journée au renforcement des idéaux de paix, en observant 24 heures de non-violence et de cessez-le-feu. En République Centrafricaine, la population peut-elle parler de cette paix ? Oubangui Médias s’est rapproché du centrafricain lambda.

C’est autour du  thème « action en faveur de la paix : nos ambitions pour les Objectifs Mondiaux » que cette journée est célébrée cette année. C’est un appel à l’action qui reconnaît notre responsabilité individuelle et collective dans la promotion de la paix. La promotion de la paix contribue à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), laquelle créera une culture de la paix pour tous.

Selon les Nations Unies, la culture de paix est un ensemble de valeurs, de comportements et des modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs racines, par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les Etats. En effet, la pratique du consensus promeut certaines valeurs indispensables à la paix incluant la non-violence, le respect d’autrui, la tolérance, la solidarité et l’ouverture aux autres.

La paix, c’est la mise à l’abri de la guerre, et donc nécessairement et sur le même plan, la sécurité. Des millions de gens meurent en raison de l’absence de paix, mais par la récurrence de la guerre et de la violence dues à l’égoïsme, la cupidité, la corruption, la discrimination religieuse et ethnique ainsi qu’à l’exploitation illégale des ressources naturelles. La paix est une relation de bien-vivre ensemble, solide et durable, basée sur le respect, la sérénité, la cordialité et la bonne intelligence entre les humains.

Les conflits violents tuent de plusieurs manières : les combats font des victimes parmi les civils et les militaires, les maladies sont plus fréquentes et la criminalité violente s’accroît. Les guerres entraînent des migrations massives.

En RCA, on ne peut que parler de la paix dans certaines villes, dans la plupart de nos provinces les habitants souffrent encore pour des raisons de l’insécurité, les groupes armés par-ci par-là, des exactions partout. Dans la ville de Bangui, certains quartiers sont encore dans l’insécurité, la population ne peut pas se promener librement à des heures tardives, des cas de braquage sont devenus monnaie courante.

Dans le 8e arrondissement, les vendeurs qui se lèvent tôt le matin pour se rendre sur le lieu de leurs activités ou ceux qui partent tôt acheter leurs articles ne peuvent pas se le permettre comme avant, faute de l’insécurité dans cette zone.

Annie, une vendeuse de poissons congelés témoigne : «  Je suis vendeuse des poissons congelés depuis plus d’une quinzaine d’années. Je vends depuis toujours chez moi à la maison. J’ai l’habitude de me lever à 3h 30 min du matin pour m’apprêter à aller acheter mes marchandises. En ce moment que je vous parle, je ne peux pas, parce que je suis déjà victime de braquage. Un jour, je me suis levée à la même heure pour aller en ville, j’ai croisé trois jeunes avec des armes blanches, ils m’ont effrayé avec les armes et m’ont tout pris. C’est grâce à mes parents qui ont cotisé pour me donner  afin de reprendre le commerce».

A cela ajouta-t-elle, « depuis quelques années, dans ma localité la nuit, on ne peut pas dormir sans avoir écouté la détonation d’armes des différentes calibres. Si nous avons des cas urgents la nuit, tel que les maladies, la contraction chez une femme enceinte ou autre, nous avons peur de sortir pour aller à l’hôpital. Il arrive parfois que nous prenions des risques mais après avoir longtemps hésité. A cet effet, peut-on parler de la paix ? Moi je ne crois pas à cette paix. Il faut que les centrafricains changent leurs comportements afin que nous revenions à notre ancienne habitude de vivre ensemble ».

Pour d’autres personnes interrogées, ils peuvent parler de la sécurité dans leurs secteurs mais se plaignent de leurs pairs centrafricains qui sont encore dans l’insécurité et n’ont pas la paix dans leurs secteurs.

Arnaud se plaint : « en tant qu’être humain, je me plains des populations qui sont encore dans des difficultés vis-à-vis des crises qui continuent de troubler notre pays. Plus particulièrement en province. Aujourd’hui, on te parle d’une attaque dans une province demain on te parle encore d’autres. Avec tout ça, comment quelqu’un peut parler de la paix. Dans mon secteur à Bimbo ça va un peu, mais les autres secteurs souffrent. Aussi, il n’est pas question seulement que de parler de sécurité. Mais avoir aussi la paix avec les autres. Nous centrafricains, on veut toujours faire du mal à nos prochains, c’est regrettable ».

La Journée internationale de la paix a été instituée en 1981 par l’Assemblée générale des Nations Unies. La première Journée de la paix a été observée en septembre 1982. En 2001, l’Assemblée générale a unanimement adopté la résolution A/RES/55/282, établissant le 21 septembre comme journée annuelle de non-violence et de cessez-le-feu. Les Nations Unies invitent tous les pays et tous les peuples à respecter l’arrêt des hostilités durant cette Journée et à commémorer avec des mesures éducatives et de sensibilisation du public aux questions liées à la paix.                         Dorcas Bangui Yabanga