Dans le cadre de la célébration en différé de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, l’Association des femmes magistrates de Centrafrique, en partenariat avec l’Ambassade de France, a organisé ce mardi 24 mars 2026 à Bangui une table ronde autour du thème : « Droit, justice et action pour toutes les femmes et les filles ».

Cette rencontre a mobilisé de nombreuses participantes issues de différents horizons, notamment des femmes juristes, magistrates, juges ainsi que des étudiantes en droit venues prendre part aux échanges.

L’objectif principal de cette table ronde était d’engager une réflexion approfondie sur les questions liées au droit et à la justice, en mettant un accent particulier sur le rôle et la place des femmes magistrates et juristes dans la promotion de l’égalité.

Intervenant à cette occasion, Brigitte Izamo, magistrate hors hiérarchie, ministre conseillère juridique et point focal SUN, a expliqué les raisons de l’attention particulière accordée aux femmes en République centrafricaine.

« Un accent particulier est mis sur les femmes centrafricaines, car notre pays vient de sortir d’une décennie de conflit marquée par une extrême pauvreté. Les femmes ont été particulièrement vulnérables, même si elles font aujourd’hui preuve d’une grande résilience. Elles demeurent néanmoins dans une situation de fragilité, d’où la nécessité de les accompagner afin qu’elles puissent reprendre en main leur destin », a-t-elle souligné.

De son côté, Sébastien Botreau-Bonneterre, attaché de coopération gouvernance, a insisté sur l’importance du droit et de la justice dans la consolidation de l’égalité entre les sexes.

« Le thème de cette table ronde met en évidence trois dimensions essentielles au cœur de l’action : le droit, la justice et l’action. Le droit, notamment international, doit être transposé dans la législation nationale. Ensuite, la justice doit garantir l’effectivité des normes, car comme le disait Montesquieu : “Le droit sans la force est impuissant.” À l’inverse, “la force sans le droit est tyrannique.” Il est donc crucial de trouver un équilibre entre ces principes », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Betid-Bessane Anuarite Élodie, étudiante en Master 2 en droit de l’homme et gouvernance démocratique à l’Université de Bangui, a appelé à une prise de conscience collective sur la portée réelle du 8 mars.

« Aujourd’hui, beaucoup de femmes et de filles centrafricaines associent le 8 mars à des festivités. Pourtant, cette journée va au-delà : elle doit être un moment de réflexion, de remise en question et d’action. Nous devons, en tant que femmes, passer du statut d’observatrices à celui d’actrices du changement pour promouvoir une véritable égalité entre les sexes », a-t-elle affirmé.

Au terme de cette table ronde, plusieurs recommandations ont été formulées par les participantes issues de différents secteurs. Les échanges, parfois vifs entre les étudiantes et les panélistes, ont témoigné de l’intérêt et de l’engagement des participantes sur les enjeux liés aux droits des femmes.

Cette initiative s’inscrit ainsi dans un cadre de dialogue constructif visant à renforcer l’implication des femmes dans la promotion de la justice et de l’égalité en République centrafricaine.

Arnold Ange Finmini