Combattue par toutes les armes, la désinformation qui est le mal de l’ère persiste en tant que problématique dans un pays comme la Centrafrique où les  grandes puissances l’utilisent comme une arme de combat. Malgré que la société civile, les organisations professionnelles des Médias et même des journalistes se soient spécialisés dans le Fact-Checking pour combattre la désinformation sous toutes ses formes, ces derniers ont encore du pain sur la planche quant aux tournures que prend la désinformation en devenant une denrée des grandes puissances. 

En ce jour (02 avril 2024) où le monde célèbre la journée mondiale du Fact-Checking, l’on se pose la question suivante : quelle perspective de lutte pour un pays comme la Centrafrique ?

La désinformation comme arme des grandes puissances

Avec le développement des Technologie de l’Information et de la Communication voire de l’intelligence artificielle, la désinformation est devenue une arme de combat des grandes puissances. Pour déstabiliser le camp adverse, les sociétés puissantes utilisent les informations manipulées comme un moyen pour atteindre une fin en soi. Des grandes agences se sont même spécialisées dans la création des fausses informations dans le but de tromper, soit de nuire à une tierce entité ou personne.

Pendant la période électorale tant en Centrafrique que dans les autres pays africains, ces périodes restent un moment propice pour la propagation de la désinformation. Les hommes politiques africains s’en servent également pour leur propagande. Face à l’instabilité des pays africains sur le plan politique, certains pays puissants comme la Chine, la Russie, la France, les USA etc laissent propager la désinformation dans certains pays pour des raisons géopolitiques.

Limite des organisations professionnelles de lutte contre la désinformation.

Étant donné que les fausses nouvelles sont une affaire de puissance, il est indispensable de penser aux contraintes qui se posent aux organisations soit de la société civile ou des médias à lutter efficacement contre la propagation des fausses nouvelles. Pour un pays comme la Centrafrique, la liste des contraintes est non exhaustive. D’abord, il y a ce problème de moyens adéquats qui se posent aux spécialistes qui sont appelés « fact-chekers » de bien remplir leur mission régalienne. Le coût de la connexion internet reste encore élevé en Centrafrique avec un débit très faible qui ne favorise pas l’utilisation de certaines applications sophistiquées pour la recherche des vidéos, textes, images truquées pour certaines catégories des fausses informations. 

L’achat d’ailleurs de certaines applications de haut niveau pour le Fact-Checking reste encore un défi en plus de  l’accès à certaines sources d’informations qui demeurent une réelle problématique.  L’effectif des fact-chekers n’est pas aussi raisonnable pour faire face à toutes les Fake news qui circulent en toute vitesse dans le paysage médiatique centrafricain.

L’éducation aux médias comme facteur indispensable de lutte contre la désinformation

Grâce aux efforts considérables des uns et autres dans la lutte contre la désinformation, l’on note un progrès en ce qui concerne la distinction d’une vraie information de la fausse. Ceci, grâce aux multiples sensibilisations faites par plusieurs canaux qui ont été menées auprès de la population.

La preuve en est que le poisson d’avril qui est utilisée pour tromper est compris par la majorité et ne fait plus assez de victimes quant à la sensibilité des gens. L’apport d’une éducation aux médias reste indispensable dans ce contexte où tout le monde a un accès facile aux supports de communication qui sont accessibles de tout bord. Sauf que cette éducation aux médias n’est pas encore pratiquée convenablement en Centrafrique. Si des tentatives ont été faites lors des sensibilisations, beaucoup reste à faire pour que l’utilisation des masses médias ou encore de la Nouvelle Technologie soit comprise par la majorité de la population.

Quant aux organisations de lutte contre la désinformation, il leur est essentiel de redéfinir de nouvelles stratégies pour lutter efficacement contre les informations fausses. Le Fact-Checking communautaire, le fact-checking dans les langues locales en passant par les radios communautaires semblent être des stratégies nouvelles à explorer. Pour le moment, les organisations de lutte manquent cruellement des moyens pour faire face à la désinformation qui occupe une proportion très importante dans l’espace de circulation des informations et dans certains médias. Cependant, les partenaires techniques et financiers doivent également sponsoriser ces associations pour booster leurs énergies dans cette lutte qui semble être rude vu les contours sécuritaires et géostratégiques qui se posent. Les acteurs de la lutte ne doivent pas être abandonnés de peur de laisser la désinformation prendre le dessus.

Belvia Espérance Refeïbona