La Cour pénale spéciale poursuit ses audiences dans le cadre du procès de Guen. Les 18 et 19 février, deux témoins à charge ont comparu devant la Cour.
Le premier témoin est Jérémy Sédangaré. Dans son témoignage, il a reconnu Jean Bahara. Selon lui, il fréquentait Guen même avant les événements. Il a également affirmé avoir fréquenté les bases des Anti-Balaka.
Au moment où des membres de sa famille et lui voulaient quitter la ville, ils ont été rattrapés par des éléments armés et agressés.
Prenant la parole, la partie civile a rappelé que le témoin n’a pas varié dans sa déclaration. Elle a toutefois précisé qu’il ne s’agit pas d’un simple témoin, mais d’un témoin victime, puisqu’il aurait perdu son commerce à la suite d’un pillage. La partie civile a ainsi demandé que cette situation soit prise en compte.
Maître Claude Péssinam, avocat de Jean Bahara, l’a interrogé au sujet de ce dernier. « Oui, je le connais », a répondu le témoin.
Même s’il ne l’a pas vu commettre des crimes, il a indiqué avoir appris que Jean Bahara serait à l’origine de l’assassinat de Bandjoukou.
En revanche, concernant les autres accusés, il a déclaré ne pas les avoir vus commettre des crimes.
Dans la journée du 19 février, un autre témoin a été entendu. Il s’agit de Youssouf Abdallah Abakar, ressortissant centrafricain, éleveur, père de quatre enfants dont deux décédés, et résident du centre de Guen depuis son enfance.
Selon ce témoin musulman, lorsque les Anti-Balaka sont arrivés, les musulmans sont devenus leur cible. Il affirme avoir été victime de violences et se déplacer encore aujourd’hui avec un médicament.
Le parquet lui a demandé s’il pouvait identifier l’accusé Baléré, mais il n’a pas pu le reconnaître. Il a déclaré ne pas l’avoir vu, mais avoir appris qu’il serait un chef Anti-Balaka.
Il a indiqué être le seul survivant d’un groupe de personnes tuées par les Anti-Balaka et avoir perdu deux de ses quatre enfants.
La partie civile a estimé qu’il n’a pas varié dans sa déclaration.
Face aux questions de la défense, il a déclaré ne pas connaître Jean Bahara, mais avoir appris qu’il aurait tué Bandjoukou. La défense estime qu’il n’est pas un témoin oculaire et a relevé une contradiction dans sa déclaration.
Toutefois, concernant Français Boybanda Baléré, son avocat a affirmé que c’est en grande partie sur la base de son témoignage que son client a été inculpé. Cependant, devant la Cour, le témoin a tenu des propos différents.
L’audience se poursuit par l’audition d’autres témoins.
Déus Gracias Tchémanguéré

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