Pour lutter contre le trafic de médicaments, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a organisé du 15 au 16 juillet 2026 à Bangui, une conférence régionale sur le trafic des produits médicaux en Afrique centrale. Cette rencontre, organisée en partenariat avec la CEMAC et financée par l’Union européenne, doit aboutir à l’élaboration d’un plan d’action régional visant à renforcer la lutte contre les produits médicaux illicites et à améliorer la sécurité sanitaire des populations.

Selon le ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Pierre Somsé, cette conférence traduit la volonté des États et de leurs partenaires, notamment l’Union européenne, le système des Nations unies et la CEMAC, de faire face à ce phénomène.

« Ce défi constitue une tragédie silencieuse qui menace non seulement les populations, mais aussi la sécurité sanitaire internationale. D’après une étude de l’ONUDC, plus de 200 tonnes de produits médicaux falsifiés ou de qualité inférieure ont été saisies en 2025. Dans l’espace CEMAC, près de 40 % des médicaments consommés sont de qualité inférieure ou falsifiés. Les actions menées par les différents gouvernements montrent que cette menace est déjà profondément ancrée dans nos sociétés », a déclaré le ministre.

Il a également évoqué plusieurs exemples illustrant l’ampleur du phénomène. « Au Cameroun, une structure privée fabriquant de faux médicaments a été démantelée. En République centrafricaine, les services des douanes et de la police ont saisi d’importantes quantités de tramadol, de médicaments périmés et ont procédé à la destruction de nombreux produits pharmaceutiques expirés. C’est un véritable fléau qui appelle à la mobilisation de tous. L’une des conséquences de ce phénomène dans notre pays est la montée de la résistance aux antimicrobiens. Environ 85 % des antibiotiques deviennent inefficaces contre certains germes, en raison de leur consommation anarchique, notamment de médicaments périmés ou falsifiés », a-t-il expliqué.

Cette conférence vise également à élaborer une feuille de route régionale pour mettre en œuvre les recommandations issues de cette étude. Les participants devront notamment définir un plan d’action opérationnel destiné à renforcer la lutte contre le trafic des médicaments dans les pays de la CEMAC.

À travers cette initiative, l’ONUDC, la Commission de la CEMAC et leurs partenaires entendent promouvoir une meilleure coordination régionale afin de protéger les populations contre les dangers liés aux médicaments frauduleux et de préserver l’intégrité des systèmes de santé en Afrique centrale.

Freddy Ulrich Tanga