L’Union des Musiciens de Centrafrique (UMC) a dénoncé lors d’une conférence de presse du 09 janvier la suspension de l’organisation par le ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme. Des responsables de cette Union pointent du doigt accusateur le Chargé des missions Davy Georges Toukia qui réplique.

Depuis le 10 octobre dernier, la ministre sortante des Arts, de la Culture et du Tourisme, Mme Doraz née Jennifer Saraiva Yanzere avait pris une décision suspendant toutes les activités de l’Union des Musiciens de Centrafrique. Le non-respect des textes statutaires, grogne entre les membres et la guerre de leadership ont été les motifs brandis par le département de tutelle pour arrêter les activités de cette organisation.

La goutte d’eau qui a débordé la vase est le refus pour l’UMC de participer à la cérémonie de présentation des vœux au couple présidentiel le 04 janvier 2024 au Palais de la Renaissance. Pour l’UMC, c’est le chargé des missions, Directeur de Cabinet par intérim Davy George Toukia qui serait à l’origine.

Le Président de l’UMC Dany Ngarasso et son équipe ne décolèrent pas. « Depuis un certain temps, nous nous sommes rendus compte que le ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme s’ingère dans les affaires de notre organisation. Cette ingérence ne vient pas de tout le ministère mais de Davy Georges Toukia, Chargé des missions et Directeur de Cabinet par intérim. Il donne de l’insomnie aux membres de l’UMC puisque nous ne pouvons pas bien faire notre travail et librement », a souligné Dany Ngarasso.

Dany Ngarasso, Président de l’UMC s’explique l’incident du 04 janvier au Palais présidentiel en ces termes : «Lors de la cérémonie de présentation de vœux, il a brandi une soit disant décision de suspension des activités de notre organisation. Nous avions été empêchés d’entrer au Palais. Et nous, on se pose la question mais en qualité de qui il ose faire cela ? Nous avons notre agrément, obtenu au ministère de  l’administration du territoire. Au niveau du ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme, nous avons l’attestation de reconnaissance administrative. Si le ministère ne veut pas travailler avec nous, tant mieux. Mais pourquoi nous empêcher de travailler. Sans leurs accords, nous avions pris part aux défilés du 1er décembre 2023 marquant la fête nationale et nous avons organisé  le grand réveillon du 31 décembre. Ils étaient où pour venir nous empêcher. Il brandit la décision alors que nous n’avons jamais été notifiés».

Réplique de Davy George Toukia

Davy George Toukia, chargé des missions, Directeur de Cabinet par intérim n’a pas attendu un jour après la conférence de presse de l’UMC pour répliquer. Il nous donne ses versions des faits : «En tant que Directeur de Cabinet par intérim du ministère, je pense que l’Union des Musiciens de Centrafrique n’existe pas du fait que depuis le 10 octobre 2023, cette fédération a été suspendue pour les motifs suivants : Non-respect du texte statutaire de l’association, grogne entre les membres de l’UMC et guerre de leadership. Donc, le fait qu’elle ait été suspendue, c’est parce qu’elle dépend du ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme qui réglemente le milieu. Aujourd’hui, ils ne veulent pas juste s’incliner devant cette décision. Ils sont en train de faire la guerre juste au ministère et de créer un climat pour avoir la faveur de la nouvelle ministre qui entre en fonction. Cette Union usurpe aujourd’hui les qualités pour soutirer de l’argent auprès des autorités», explique-t-il.

Pour le chargé de mission, depuis deux ans, cette organisation est dans l’illégalité car après la démission du président élu, le vice-président qui a pris la tête n’arrive pas à organiser une assemblée générale extraordinaire.

« Le bureau est fragmenté en deux. Donc, tous les jours, c’est la guerre de leadership. C’est à la lumière de ces faits que les services techniques étaient obligés de suspendre cette Union dans le souci de mettre en place un comité ad’hoc pour réorganiser la structure », a ajouté Davy George Toukia. 

Ce bras de fer intervient dans un contexte où des tensions sont toujours palpables entre ce département ministériel et les membres de l’Ensemble Artistique et Culturel dont certains membres accusent les responsables du ministère de malversation, alors que le ministère rejette toutes les accusions portées en son encontre.

La ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme qui vient d’être nommée doit prendre des mesures urgentes pour régler ce problème afin de permettre à son département et ses partenaires de revenir dans le bon sentiment.

La seule issue de cette affaire reste la confrontation et le dialogue afin d’aplanir les différends et tirer les choses au clair. Un bras de fer n’apportera aucune solution que la fragilisation du milieu artistique et culturel.

Dorcas Bangui Yabanga