En Centrafrique, l’élection présidentielle est désormais terminée. Les résultats définitifs ont été proclamés, confirmant la victoire du président Faustin Archange Touadéra. Près de deux semaines plus tard, cinq candidats sur les six en lice ont décidé de répondre favorablement à l’appel lancé par le Chef de l’État.
Il s’agit notamment de Henri-Marie Dondra, Marcelin Yalimendé, Serge Ghislain Djorie, Eddy Symphorien Kparekouti et Aristide Briand Reboas. Ils ont été reçus, tour à tour par le président Touadéra le lundi 02 février 2026, à la Cité des Chefs d’État de la CEMAC à Bangui.
À l’issue de cette rencontre, ces derniers ont félicité le Chef de l’État et l’ont encouragé à mettre en œuvre son projet de société pour le bien-être de la population. À leur sortie, ils ont affirmé leur volonté de soutenir le président Faustin Archange Touadéra dans la reconstruction du pays tout au long du septennat qui s’ouvre après sa réélection à la tête du pays.
Une rencontre prévisible
En effet, cette rencontre est l’aboutissement de l’appel lancé par le Chef de l’État le 20 janvier dernier, dans son message à l’occasion de la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle du 28 décembre 2025. S’adressant à ses adversaires politiques, il avait affirmé que l’acceptation de la défaite électorale n’est pas une faiblesse, mais la preuve d’un attachement aux institutions de la République et du respect dû au peuple souverain, détenteur du pouvoir.
Il avait notamment déclaré : « Je continue de tendre la main à l’opposition démocratique, avec respect et confiance, car la République ne se construit pas dans la division, mais dans l’unité de ses citoyens. Comme je le dis depuis le 30 mars 2016, c’est grâce au dialogue que nous pouvons trouver des solutions aux divergences politiques, et mon engagement pour y parvenir n’a jamais fléchi. Si les divergences persistent, si les aspirations des uns et des autres ne sont pas satisfaites, si les intérêts particuliers sont placés au-dessus de l’intérêt général, il ne peut y avoir de base solide pour un développement socio-économique durable. Je vous invite à rejoindre ce mouvement national, à mettre votre énergie et votre talent au service de notre pays. Ensemble, nous avons un devoir : celui de faire avancer notre pays, d’améliorer les conditions de vie de nos familles, de nos enfants et de bâtir un avenir digne de nos aspirations communes. »
Loin de cela, les positions prises par ces candidats pour féliciter le président Touadéra aussitôt après sa réélection laissaient déjà entrevoir leur retour dans la République. D’ailleurs, Henri-Marie Dondra, qui envisageait de saisir le Conseil constitutionnel pour demander l’annulation des résultats, avait finalement renoncé à cette démarche.
Seul l’opposant Anicet Georges Dologuélé, de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), durcit encore sa position. Il n’a pas pris part à cette rencontre.
Ce changement de cap, à quelques mois de l’investiture du président et de la nomination d’un nouveau gouvernement, suscite toutefois des interrogations. Beaucoup estiment que ces anciens candidats chercheraient à obtenir des postes au sein du futur gouvernement. Mais d’autres pensent que la République a besoin de tous ses fils pour sa reconstruction.
Les candidats reçus individuellement soutiennent que les échanges ont porté sur des questions majeures touchant la vie de la Nation, en ce début de la 7ᵉ République. Ce qui témoigne la volonté partagée de promouvoir le dialogue et de renforcer la cohésion nationale.
Déus Gracias Tchémanguéré

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