La déclaration de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo en cours en République démocratique du Congo (RDC) implique, pour la République centrafricaine, la mise en œuvre d’actions de santé publique dans le strict respect du Règlement sanitaire international (RSI) applicable aux pays à risque.
Dans cette optique, le ministère de la Santé publique et de la Population, avec l’appui de l’UNICEF, a organisé le lundi 25 mai 2026 une formation à l’intention des professionnels des médias, du personnel de santé et des gestionnaires de la ligne verte 1212.
L’objectif est d’accompagner le ministère de la Santé publique et de la Population dans la sensibilisation de la population afin de prévenir et de lutter contre cette maladie à virus Ebola déclarée en RDC et en Ouganda.
La maladie à virus Ebola, anciennement connue sous le nom de fièvre hémorragique Ebola, est une maladie grave, souvent mortelle, qui touche les humains et d’autres primates. Le virus est transmis à l’homme par des animaux sauvages, notamment les chauves-souris frugivores et les primates non humains, puis se propage d’une personne à une autre par contact direct avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques de personnes infectées ou décédées de la maladie.
Entre 2007 et 2008, le taux de mortalité lié au virus Ebola était estimé entre 25 et 47 % en Ouganda, puis en 2012 à Isiro, en République démocratique du Congo.
À l’issue de cette formation, le Dr Constant Parfait Seboulo, épidémiologiste et directeur des Soins de santé primaires au ministère de la Santé publique et de la Population, a expliqué :
« Nous avons invité les hommes des médias dans le but d’accompagner les efforts du ministère de la Santé dans la sensibilisation de la population afin de prévenir la survenue de la maladie à virus Ebola déclarée en RDC et en Ouganda, où l’OMS a déclaré cette situation comme une urgence sanitaire de portée internationale. À cet effet, les pays voisins sont à risque et notre pays figure parmi les dix pays voisins exposés. Nous devons nous préparer à répondre et à protéger l’ensemble de la population contre cette maladie si dangereuse », a-t-il expliqué.
D’après lui, le pays n’a enregistré jusqu’à présent aucun cas confirmé ou suspect de maladie à virus Ebola. Toutefois, il estime nécessaire de diffuser largement les informations sur les signes de cette maladie, les méthodes de prévention et les conduites à tenir.
« Il faut informer l’ensemble de la population qu’en cas de doute ou de signes suspects, particulièrement pour les personnes ayant effectué des déplacements en RDC ou en Ouganda, elles doivent se présenter sans tarder dans une structure sanitaire afin qu’un isolement soit effectué pour interrompre la chaîne de transmission. En cas de contamination, une prise en charge rapide sera mise en place pour éviter les décès », a ajouté le spécialiste.
Le Dr Seboulo a également indiqué que plusieurs dispositifs sont déjà activés au niveau du Centre d’opérations d’urgence pour la santé publique (COUSP).
« Nous travaillons sur plusieurs piliers, notamment les aspects liés à la surveillance, en renforçant tout ce qui concerne les points d’entrée en République centrafricaine. Nous activons les points d’entrée non fonctionnels afin de filtrer les malades, contrôler les signes et prendre la température pour éviter l’importation d’un cas sur le territoire national. Nous renforçons également le système national de laboratoire afin que les dispositifs, les équipes de prélèvement et les outils de transport soient disponibles pour permettre des examens rapides en cas de suspicion », a-t-il poursuivi.
Pour conclure, Constant Parfait Seboulo a lancé un appel à l’endroit de tous les Centrafricains : « Tous les Centrafricains doivent redoubler de vigilance et contribuer à protéger le pays en signalant ou en se rendant à l’hôpital dès l’apparition de signes évocateurs de cette maladie. En cas de fièvre ou de saignements, il faut se présenter immédiatement dans une structure de santé pour une prise en charge rapide et l’interruption de la chaîne de transmission », a-t-il conclu.
Rappelons que cette alerte intervient à la suite de plusieurs cas de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo enregistrés en RDC, précisément dans la province de l’Ituri, ainsi qu’en Ouganda, à la date du 23 mai 2026, ayant déjà causé la mort de plus de deux cents personnes.
Freddy Ulrich Tanga

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