Son Excellence le président  de la République, chef de l’Etat,

Le monde célèbre ce jour la journée internationale des droits de la femme autour du thème : « leadership féminin pour un futur égalitaire dans un monde de la Covid-19 ». En Centrafrique, c’est autour du thème : « Leadership féminin dans un monde de Covid-19, l’égalité de sexe et l’autonomisation de la femme »,  que nous célébrons cette journée.

Les femmes de la Centrafrique revendiquent et méritent un avenir égalitaire, libre de stéréotypes et de violence, de viols sexuels, un avenir durable et pacifique avec les mêmes droits et les mêmes chances que tous. Pour y parvenir, les femmes revendiquent leur présence dans toutes les instances de prise de décision.

Son Excellence Pr Faustin Archange Touadera,

Cette année, la participation pleine et effective des femmes lors des élections groupées du 27 décembre 2020 est un appel solennel, lancé à l’endroit de l’Etat Centrafricain, un appel pour briser le cycle des violences comme mode d’accession à la magistrature suprême de l’Etat mais aussi un appel pour dire que les femmes sont désormais debout et veulent contribuer au développement de cette nation.

Les femmes ont besoin d’une représentativité qui les reflète, y compris les jeunes-femmes et jeunes filles, dans toutes leurs diversités et leurs capacités indépendamment des situations qu’elles traversent, notamment sur le plan culturel, social, économique, politique et sécuritaire.

Il s’agit là, son Excellence, la seule façon d’obtenir un changement social intégré des femmes dans la prise des décisions sur un pied d’égalité et au bénéficie de toutes et de tous.

Sur une population estimée en 2019 à 5.189.461, les femmes Centrafricaines représentent 2.645.521 soit 50,97 % contre 49,03 % pour les hommes.

Malgré qu’en 2016 la Centrafrique dispose pour la première fois de la loi de la parité qui exige la participation d’au moins 35 % des femmes dans toutes les instances, elles restent sous représenter dans toutes les instances de prise de décision. Le Rapport sur les Objectifs du Développement Durable (ODD) en 2019 présente la situation comme suit :

  1. L’Assemblée Nationale (2016) : 12 femmes députés contre 128 députés hommes, soit 8,57%
  2. Gouvernement (2019) : 7 femmes ministres contre 29 hommes ministres, soit 31,03 %
  3. Leaders des partis politiques (2015) : 5 femmes et 85 hommes, soit 5,55%  
  4. Cour Constitutionnelle (2019) : 4 femmes, 5 hommes soit 44,44%. La cour est dirigée par une femme
  5. 5.       Haute Autorité de la bonne gouvernance : 6 femmes, 12 hommes, soit 50%
  6. Haut Conseil de la Communication (2019) 4 femmes, 4 hommes, soit 50%
  7. L’Autorité Nationale des Elections (2019) : 4 femmes et 7 hommes soit 36,36%. Elle était dirigée par une femme
  8. Préfets (2020) : 4 femmes et 12 hommes soit 25%
  9. Sous-préfets (2020) : 8 femmes et 63 hommes, soit 11,26%
  10. Magistrature : 22 femmes et 188 hommes soit 10,47%
  11. Avocat : 6 femmes et 124 hommes (2017) soit 4,61%
  12. Personnel des missions diplomatiques : 29 femmes, 96 hommes soit 23,2%
  13. Ambassadeurs : 2 femmes et 10 hommes soit 16,66%. L’une vient de nous quitter.
  14. Dans la fonction publique en général : 4810 femmes et 22 846 hommes (en 2017), soit 17,39%

Son Excellence monsieur le président de la République,

A la lumière ce tout ce qui précède, nous tenons à vous féliciter pour les efforts déjà consentis et vous invitons à faire plus pour marquer l’histoire de la femme Centrafricaine afin la commémoration de cette journée ne soit pas un vain mot ou juste un moment festive.

Nous devons dans les années à venir commémorer l’émancipation de la femme, le respect de tous ces droits et la réussite d’une politique en matière de la femme, déjà enclenchée par les gouvernements sous votre très haute impulsion.

En cette journée solennelle des droits des femmes, je m’incline devant la mémoire de toutes femmes victimes de la barbarie humaine, de nos vaillantes soldats qui sont tombés sur le champ d’honneur afin de libérer la patrie et restaurer la paix, la stabilité, la libre circulation des biens et des personnes et booster le développement réel de notre pays.

Que les femmes de l’armée trouvent ici mon profond soutien à leur égard.

Que toutes les femmes centrafricaines trouvent ici ma sympathie pour tous ce qu’elle fait pour entrer dans ses droits et contribuer au développement de notre beau pays

Bonne journée à toutes les femmes de Centrafrique

Par Arletta Abiali, ancienne candidate aux législatives dans la circonscription de Bimbo 1 et présidente du Groupement des Jeunes Leaders pour le Renouveau de la Centrafrique (GJLRC).Par Arletta Abiali, ancienne candidate aux législatives dans la circonscription de Bimbo 1 et présidente du Groupement des Jeunes Leaders pour le Renouveau de la Centrafrique (GJLRC). Ressortissante de l’Université Catholique d’Afrique Centrale au Cameroun, Arletta Abiali, titulaire d’un Master a fait ses études en Banque-Monnaie-Finance. Sa profession est analyste financière.