Dans sa mission d’assistance aux victimes des conflits armés, le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) met au centre de ses actions dans l’ouest de la Centrafrique les personnes à mobilité réduite pour leur prise en charge ainsi que leurs autonomisations. Des actions ont été menées auprès de quelques-uns que nous avons croisés surplace à Bouar lors d’un déplacement avec ladite organisation qui nous a expliqué comment se fait la prise en charge de ces derniers.
Ils sont classés en deux grandes catégories à savoir, ceux qui sont nés avec un handicap et l’autre camp est composé de ceux qui sont devenus handicapés par la suite des conflits armés qui ont secoué la Centrafrique.
Identifiés pour leur handicap, le CICR travaille dans la ville de Bouar en partenariat avec l’association des personnes handicapées et les soutient dans leur quotidien à travers des actions. A travers leur club de sport, ils sont encouragés à jouer au basket sur fauteuil roulant. Une sorte de thérapie psychologique leur permettant de se défouler.
Sophie Beorofeï est l’une de ces personnes à mobilité réduite qui reçoit l’assistance du CICR. Elle se souvient de ses galères quand les groupes armés lui ont tiré dessus : « Je n’étais pas née avec un seul membre inférieur. Mais c’est lors du passage des éléments de la Seleka en 2013 que j’ai pris une balle dans mes pieds et je suis devenue handicapée des suites de ma jambe droite amputée. Je me suis fait des soucis pour ma jambe et c’était pénible. Mais avec le temps je me suis remise », témoigne la jeune dame de 25 ans.
« Ma vie a changé ».
Grâce à l’appui du CICR, les personnes handicapées ont dorénavant une assistance humanitaire particulière. Elles sont dotées de fauteuil roulant pour le sport et aussi des accompagnements en plus des prothèses qui sont réservés à ceux qui éprouvent le besoin. Il y’a également une assistance financière pour des petites activités génératrices de revenu à leurs profits.
Sophie affirme que sa vie a changé après son adhésion au club de basket et l’obtention de sa prothèse : « Je marchais avec des béquilles. Ce qui réduisait ma mobilité et mon champ d’action. Grâce au CICR, j’ai reçu des prothèses. Maintenant, je suis très mobile. Je fais mon petit commerce. Je vais au champ, au marché pour les courses, et à la rivière pour puiser de l’eau. En plus, je joue dans le club de basket avec fauteuil roulant. Nous avons disputé un match la fois passée avec nos frères de Bozoum et nous avons gagné. Cela m’a énormément fait du bien et je remercie le CICR ».
Une prise en charge gratuite
Daniel Mbami, assistant médical au CICR de Bouar est le responsable de la prise en charge d’une quarantaine de personnes en situation d’handicap. Il explique l’organisation de la prise en charge au CICR. « C’est depuis 2021 que nous avons démarré la prise en charge dans deux domaines au niveau de la sous délégation de Bouar. L’un est pour ceux qui ont eu des accidents par voie publique ou traumatisme lors des évènements et qui ont perdu l’un de leurs membres inférieurs ou supérieurs, on les identifie et on les envoie à Bangui pour l’appareage. L’autre domaine concerne ceux qui sont nés avec un handicap, on leur donne des fauteuils roulants pour le basket. Cela va les aider à se défouler et se voir comme tout autre homme. Toutes ces prise en charge sont gratuites »
« Nous voulons être autonomes ».
Cependant, l’autonomie financière est la fin recherchée par l’association des personnes handicapées de Bouar selon Victor Ngoya sérigraphe de profession et président de l’association des personnes vivant avec handicap de Bouar. Pour lui, le handicap ne doit pas être un moyen de quémander. Avec l’appui du CICR, il encourage ses paires à sortir de leur zone de confort pour envisager leur autonomie. « Dans notre association, nous faisons des sensibilisations sur l’éducation aux handicapés. Une manière de leur enseigner la prise en charge personnelle, l’acceptation de leur situation de handicap car pour la plupart, certains prennent leur situation du handicap comme une opportunité pour mendier. Pourtant, ils peuvent bien avoir des connaissances qui peuvent leur être bénéfiques ».
Entre-temps, le CICR ne travaille pas seulement avec l’association de Bouar mais partout dans la zone ouest. Des cas du handicap sont identifiés dans l’Ouham, dans l’Ouham Pende, dans Lim-Pende, dans la Mamberé-Kadéï pour être pris en charge par cette organisation qui travaille au profit des victimes.
Belvia Espérance Refeïbona

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