L’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique, Aristide Nononsi, a échangé avec les professionnels des médias au terme de sa mission à Bangui. Il a évoqué plusieurs préoccupations, notamment la question du respect des droits de l’homme, qui demeure un défi majeur en République centrafricaine.

Au cours de son séjour de dix jours à Bangui, Aristide Nononsi a rencontré les autorités centrafricaines afin d’échanger sur plusieurs problématiques liées à la situation des droits humains dans le pays. Selon lui, le non-respect des droits fondamentaux constitue un obstacle à la dignité humaine.

Dans certaines régions du pays, particulièrement dans les zones frontalières et les localités affectées par les groupes armés, les violations des droits de l’homme demeurent fréquentes. Il a notamment évoqué des cas de violences, d’extorsions, de déplacements forcés de populations ainsi que des abus commis lors d’opérations sécuritaires menées par différents acteurs armés.

Dans les zones frontalières entre la République centrafricaine et le Tchad, notamment celles occupées par la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), les populations civiles restent particulièrement exposées aux violences et à diverses atteintes aux droits fondamentaux.

« Le silence des autorités face à certaines pratiques ne garantit pas la sécurité des populations et plonge les communautés dans la psychose », a-t-il déclaré.

Interrogé sur la captivité de la sous-préfète du Haut-Mbomou, retenue depuis décembre dernier lors des scrutins par les milices du groupe d’autodéfense « A Zandé Ani Kpi Gbé », Aristide Nononsi a affirmé :

« Il est certain que le gouvernement prend cette affaire très au sérieux et les autorités me l’ont confirmé. Des discussions sont en cours par tous les canaux afin d’obtenir sa libération. Le Président m’a également rassuré que le gouvernement continue de tendre la main aux groupes armés pour construire la paix dans le pays », a-t-il expliqué.

L’expert indépendant a souligné avoir partagé ses constats avec les autorités centrafricaines, qui, selon lui, sont conscientes des défis liés à la situation des droits de l’homme dans le pays. Il espère que des mesures concrètes seront engagées afin de renforcer la protection des populations civiles, l’État de droit et la lutte contre l’impunité.

Il a enfin remercié les autorités centrafricaines pour l’accueil qui lui a été réservé durant son séjour. Cette conférence de presse marque la fin de sa visite de dix jours en République centrafricaine.

Cette mission s’inscrit dans le cadre du mandat qui lui est confié par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies afin d’évaluer la situation des droits humains en Centrafrique et de formuler des recommandations pour renforcer la sécurité des populations civiles et l’État de droit.

Caleb Zimango Bango