Retenue depuis 1989 comme la journée internationale de la population par le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le 11 juillet est célébrée partout dans le monde autour d’un thème ayant trait aux conditions sociales des populations. Face aux inégalités sociales observées, « libérer le pouvoir de l’égalité des sexes : faire entendre la voix des femmes et des filles pour libérer les possibilités infinies de notre monde » est le thème de cette commémoration.

 Pour marquer cette journée, des multiples déclarations ont été faites d’abord par la Directrice exécutive de l’UNFPA Dr Natalia Kanem qui dans sa déclaration a mentionné que « quatre milliards de femmes et filles, un être humain sur deux, sont victimes de discrimination fondée uniquement sur le genre ». Ajouté à cela le taux de mortalité maternelle qui reste un réel souci dans les pays en voie de développement comme la RCA. 

« Le respect de la santé et des droits en matière de sexualité et de procréation pour tous est le fondement de l’égalité des genres, de la dignité et des perspectives de vie. Pourtant, plus de 40 pourcent des femmes dans le monde ne peuvent exercer leur droit à prendre des décisions aussi fondamentales que celle d’avoir ou non des enfants. L’autonomisation des femmes et des filles ; notamment en matière d’éducation et d’accès à la contraception moderne, leur permet de vivre la vie à laquelle elles aspirent » note la déclaration de la directrice exécutive.

Dans la droite ligne s’inscrit la déclaration de la ministre centrafricaine de la promotion du genre et un point de presse avec les professionnels des médias et la Représentante Adjointe de l’UNFPA Dr Agnès Kayitakore puis de M. Théodore Koinam Directeur Général de la promotion du genre et de la protection de la femme  au centre de la mère et de l’enfant autour de la liberté du pouvoir de l’égalité des sexes : faire entendre la voix des femmes et filles (…). 

Pour la Représentante adjointe, la situation de la femme et de la jeune fille est très préoccupante en Centrafrique et caractérisée par un fort taux de fécondité 6,4 enfants par femme en moyenne, une faible pratique contraceptive moderne (14,4%) un fort taux de mortalité maternelle 835 décès pour mille naissances vivantes, mariages précoces avant 18 ans 61%, faible taux de scolarisation chez les femmes et les filles (23.644 en 2022) et 37% des cas de VBG sont des cas de violences sexuelles. D’où la nécessité d’y mettre beaucoup d’énergies pour la défense des droits de la femme.

« C’est un thème qui nous interpelle à pouvoir  utiliser la moitié de la population que détenons et qui est une population qui contribue au développement du pays et qu’on ne doit pas négliger. Nous mettons tant d’énergie parce qu’il y a très peu qui a été faite. Il y a des évolutions qui ont été constatées au niveau des politiques de Gouvernement. Mais, il reste à savoir qu’il y a des énormes efforts à faire parce que les statistiques qu’on a présenté par exemple, les femmes représentent la moitié de la population et elles ont des besoins et des droits qui sont très limités. Elles ne sont pas scolarisées au même niveau que leurs paires, elles ne sont pas représentées au niveau des instances publiques de prise de décision, elles ont des soucis et des problèmes qui entravent leurs autonomies et leurs libertés. Par exemple, si on considère la mortalité maternelle et la santé de la reproduction, la majorité des femmes ne peut pas prendre de décisions sur leurs propres corps, sur le nombre des enfants qu’elles veulent mettre au monde, l’espacement qu’elles voudraient avoir et du coup cela fait qu’elles soient limitées par rapport à leurs carrières parce qu’il n’y a pas d’opportunités offertes. L’accent particulier c’est parce que tout un chacun de nous compte et chaque personne a des droits et des responsabilités que ce soit un homme ou une femme », note la représentante adjointe de l’UNFPA.

Pour marquer la célébration, une série d’activités sera organisée à Bangui 10 au 18 juillet accompagnée d’une sensibilisation à l’Université de Bangui le 18 juillet.

Belvia Espérance Refeibona