C’est la saison en cascade des « chenilles » en Français, communément appelé « Makongo » en langue sango, en passant par la Lobaye, Sangha Mbaéré, Mambéré Kadeî, Nana Mambéré et Mbomou. Les centrafricains font la cueillette et se raffolent de toutes les variétés de ce produit comestible saisonnier ou près de 90 % de la population mange des « Makongo ».
A Bangui, le marché de Bimbo est inondé au début de l’après-midi par les consommateurs hommes et femmes jusqu’à la soirée. La cuisine centrafricaine est une des meilleures cuisines d’Afrique Centrale à part entière. Elle possède toute sa grandeur dans l’art culinaire ou tout est bio. L’Oubangui Médias vous propose d’embarquer pour un voyage culinaire de différents mets centrafricains populaires des chenilles très appréciés.
Alors, comment cuisine le Makongo à la centrafricaine dans sa diversité culturelle ?
Chaque foyer à un savoir-faire pour mettre en valeur sa recette, la sautée de Makongo, un mets délicieux très prisé en Centrafrique. L’une des consommatrices la jeune femme Lénguetamo Geneviève nous raconte: « Mettre les chenilles dans l’eau froide pour les laver plusieurs fois et débarrasser des saletés, laissez égoutter puis les mettre dans une marmite, verser de l’eau, du sel et mettre au feu jusqu’à ce que l’eau soit asséchée. Après, il faut ajouter de l’huile, de l’oignon, de tomate, et remuer. Il faut aussi laisser au feu pour obtenir une petite sauce », a-t-elle confié à l’Oubangui Médias.
Les chenilles peuvent se manger fraîches ou grillées ou en brochettes. Le yabanda est un plat raffiné très apprécié en Centrafrique. Une recette à base de feuille de gnetum appelé « koko » en sango. Le tout se fait avec de l’huile, des oignons, de la pâte d’arachide avec les chenilles fraîches ou grillées soit fumées qui se préparent assez rapidement.
Pour les chenilles fraiches épineuses, la mère Yolede Véronique, nous montre sa recette : « On les faits laver autant de fois, maintenant on travestit chenille par chenille, mettre au feu en ajoutant du sel et laisser bouillir un moment, verser de l’huile, couper les oignons pour cuire puis verser un peu d’eau et mettre la pâte d’arachide et le piment. Le tour est joué pour un repas délicieux à servir à chaud ou froid accompagner de tous les compliments entre autres, du foufou de manioc, du chikwangue ou des bananes plantains.
Car de nombreux repas sont faits à base de chenilles sèches ou fraiches pour ne citer que ceux-là, notamment la cuisson à la vapeur « kanda tî kosso » en sango la galette en courge en français et le ragout de chenilles. Etant succulents, décoratifs à table, cela demandent que l’on débourse parfois assez d’argent pour bien manger. Et c’est l’un des repas locaux les plus commandés dans les restaurants, gargotes de Bangui et autres villes et beaucoup plus aussi dans la Diaspora Centrafricaine. Nombreux Centrafricains considèrent que les chenilles sont meilleures que la viande de bœuf par exemple.
Notons que ces insectes possèdent une part élevée de protéines, de graisses et sont extrêmement énergétiques, riches en minéraux, vitaminées et très nutritives. Un avis largement partagé par les consommateurs, outre les vertus diététiques, des makongos constituent une source de revenus pour beaucoup lorsqu’arrive « la saison des chenilles », entre la période de mai-juin et septembre-octobre. Une alternative pour accroître la sécurité alimentaire pour les centrafricains dans la région.
Zarambaud Mamadou

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