La Caisse mutuelle de Centrafrique (CMCA) offre de projet aux parents d’élèves pour assurer leurs études. Plusieurs autres avantages ont été évoqués par le Directeur Général Jordy Noël Magnon. Oubangui Médias s’est intéressé à ce nouveau produit. Noël Jordy Magnon Directeur Général de la CMCA répond à nos questions.
Oubangui Médias : Monsieur Jordy Noël Mayan Bonjour. Vous êtes le Directeur Général de la Caisse Mutuelle de Centrafrique (CMCA). Dites-nous comment fonctionne l’institution dont vous avez la charge ?
Jordy Noël Mayan: Bonjour. La Caisse Mutuelle de Centrafrique est un établissement de micro finance de première catégorie que des personnes se sont réunies pour créer. Ils ont mis en place une administration décentralisée. Chaque caisse à son administration qui est contrôlée par l’organe dont je suis le Directeur Général. Donc, nous collectons les épargnes et nous accordons des crédits aux adhérents.
Oubangui Médias : Nous sommes en 2023, les caisses mutuelles de Centrafrique comptent combien d’adhérents ?
Noël Jordy Magnon: Actuellement, nous sommes à cinquante-six mille (56.000) adhérents composés des salariés, des commerçants, des prestataires de services. Ils ont les mêmes droits même si une personne détient cinquante millions et l’autre cinquante mille. Ils ont toujours les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Oubangui Médias : Est qu’il y a des adhérents qui placent jusqu’à cinquante millions dans votre caisse ?
Noël Jordy Mayan : Je ne peux pas vous cacher, il y a des adhérents qui ont plus de cinquante millions de FCFA sur leur compte. Quand ils mettent de l’argent chez nous, nous les plaçons dans les banques primaires.
Oubangui Médias : lorsqu’on parle de cinquante-six mille adhérents, c’est sur toute l’étendue du territoire Centrafricain ou bien c’est le chiffre de Bangui ?
Noël Jordy Mayan : Avant les évènements de 2003, les Caisses Mutuelles de Centrafrique étaient répondues sur toute l’étendue du territoire Centrafricain. À l’époque, il y a des Caisses à Yaloké, Bossembele, Bouar, Carnot, Berberati, Nola, Sibut et Bossangoa, mais malheureusement avec la crise récurrente, nous avons fermé toutes les caisses et la dernière à être fermée est celle de Berberati en 2009. Avec les reprises des activités, nous avons décidé de repartir à l’intérieur du pays avec l’aide de nos partenaires de l’Union Européenne. Nous avons rouvert la caisse de Boali. Aujourd’hui à Bangui nous avons neuf caisses et à Boali une caisse. Au total, nous en avons dix.
Oubangui Médias : Comment voyez-vous l’engouement de tout ce monde à la Caisse mutuelle de Centrafrique ?
Noël Jordy Mayan: Comme je vous le disais au départ, l’organisation de la CMCA est spécifique à ce sens que l’administration de la caisse est décentralisée. Chaque caisse à son administration et elle décide de l’avenir de sa caisse. Par exemple, chaque année, nous organisons l’assemblée générale de chaque caisse et chaque caisse décide de ce qu’il peut faire dans l’année. Ce n’est pas le Directeur Général qui impose, mais, c’est l’ensemble des sociétaires qui décide si nous allons accorder deux ou mille crédits tout en respectant la réglementation. La deuxième chose est notre disponibilité dans les quartiers. Nous sommes les seuls dans la capitale à avoir une caisse dans tous les arrondissements : à la sortie nord nous avons une caisse, à la sortie sud aussi. Donc, nous sommes plus proches des clients et c’est la raison pour laquelle les gens s’affluent vers nous, aussi à cause de la qualité des prestations.
Oubangui Médias : Vos adhérents disent que c’est facile pour eux d’avoir de crédit que les banques ordinaires. Qu’elles sont vos stratégies ?
Noël Jordy Mayan : Nous avons une politique de discussion avec les clients pour avoir leur avis avant de décider du crédit. Les services de crédit que nous avons, nous ne décidons pas seul, mais avec le client ce qui fait qu’on s’adapte à la réalité de ce qui se passe dans le pays avant d’octroyer un crédit. Donc c’est fiable.
Oubangui Médias : Pouvez-vous illustrer quelques réalisations des caisses mutuelles de Centrafrique sur le terrain ?
Noël Jordy Mayan : Je vais revenir sur un projet que nous avons fait avec les commerçants. Aujourd’hui, nous avons accordé des prêts aux tontines qu’on appelle communément « kélémba ». J’ai pris un à deux ans avant d’aller discuter avec les commerçants et des femmes dans le quartier. J’ai longuement réfléchi sur ce mode de fonctionnement et on a mis en place un prêt adapté à leur condition. Je donne un exemple. Au lieu que l’épargne soit sur dix-huit ou vingt-quatre mois, on donne à tout le monde au départ et maintenant l’épargne permet de rembourser le crédit. On n’est pas sorti de l’épargne, mais il reste dans leur système de tontines donc chaque semaine, on prend les épargnes et on verse sur le compte de l’association qui permet de rembourser le crédit chaque mois.
Oubangui Médias : Quels sont les avantages aujourd’hui d’avoir un compte à CMCA ?
Noël Jordy Mayan : Le premier avantage, c’est d’abord épargner de l’argent, le deuxième, c’est l’accompagnement que nous avons pour les commerçants et ce n’est pas seulement le crédit, mais l’accompagnement dans ce qu’ils ont et ce qu’ils font. Troisièmement, ce sont des crédits et les différents services que nous mettons à leur disposition.
Oubangui Médias : Vous vous préparez à mettre aujourd’hui un produit sur le marché, que peut-on savoir de ce produit ?
Noël Jordy Mayan : Ce produit est l’épargne. On a déjà commencé en 2012 sous le nom « plan épargne projet ». C’est de l’épargne constituée d’une personne ou d’une famille qui décide de construire une maison soit dans l’avenir, mais qui ne veut pas de crédit peut épargner dans trois, quatre, cinq ans et prendre cet épargne avec un intérêt pour exécuter son projet.
Cette épargne est élargie maintenant au « plan épargne retraite ». Pour ceux qui sont prêts ou ceux qui veulent préparer leur retraite en attendant ce que la caisse de sécurité sociale va leur verser, ils peuvent épargner à côté pour compléter ce qu’ils vont gagner à la fin.
La personne qui s’engage chez nous signe un document dont le minimum de la somme à verser est de cinq mille FCFA. Chaque fin du mois, il verse le montant déterminé dans le contrat et à la fin, cette épargne sera mise à sa disposition en plus d’un intérêt.
Aussi, nous avons « l’épargne étude ». C’est pour les parents d’élèves qui prépare l’avenir des enfants et qui sont en classe de seconde ou en première et qui pensent que dans l’avenir, ils peuvent poursuivre ailleurs leurs études. Ils commencent désormais à épargner pour ne pas que demain, ils ne soient pas surpris. Donc, épargner dès maintenant pour financer les études de demain.
Oubangui Médias : Est ce qu’il il y a un montant fixe ou bien chacun est libre de mettre ce qu’il a ?
Noël Jordy Mayan : C’est le minimum qu’on fixe mais l’épargne pour le plan étude, c’est vingt millions le plafond et c’est en fonction de mention constituer. Mais, l’épargne mensuel minimum, c’est cinq mille.
Oubangui Médias : Si quelqu’un fait une souscription de dix ans, mais au bout de cinq ans, s’il veut retirer son argent, est-ce possible ?
Noël Jordy Mayan : C’est son droit et c’est son épargne, cela arrive. La personne signe un contrat et si elle n’arrive pas à respecter, elle peut résigner et on peut mettre à sa disposition ce qu’il a épargné.
Il faut savoir que tout projet vise à répondre à un manquement. On a constaté un manquement avant de proposer une solution. Pour celui-là, nous avons discuté avec les clients (les sociétaires) car beaucoup d’entre eux n’ont pas un plan cohérent pour préparer l’avenir de leur enfant. On a décidé d’aider chaque famille Centrafricaine pour dire chaque famille de CMCA à subvenir au besoin vital qui est l’éducation.
Oubangui Médias : Un message à lancer à l’endroit du peuple centrafricain ?
Noël Jordy Mayan : Je dis aux clients et aux sociétaires que les CMCA sont disponibles à répondre à leur besoin. Toutes les questions, tous les problèmes qu’ils ont, ils peuvent venir auprès des CMCA. Je profite de ce moment pour informer le public, car à certains moments, il est passé dans la presse et sur les réseaux sociaux que CMCA a des difficultés de finances et autres… Nous sommes là présents, nous continuons d’accompagner nos clients et nos sociétaires et qu’ils peuvent s’approcher des commerçants dans le marché ils peuvent leur dire la vérité sur CMCA. Ils peuvent aller au marché Combattant voir ce que CMCA a accompli pour les commerçants. Je peux leur dire que CMCA se porte bien, elle n’a pas de problème financier.
Oubangui Médias: Monsieur le Directeur Général de la CMCA, nous vous remercions.
Noël Jordy Mayan : C’est à moi de vous remercier.
Propos recueillis par Fridolin Ngoulou

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