La soirée des élections législatives, lors du deuxième tour le 14 mars 2021, a été marquée par des actes de violence dans le deuxième arrondissement de Bangui, deuxième circonscription. La famille de l’Honorable Massickini a subi une attaque violente immédiatement après l’annonce des résultats provisoires par l’Autorité Nationale des Élections (ANE).
En fait, les menaces sur la famille ont commencé pendant le premier tour des élections en décembre 2020, suivies d’intimidations en janvier, avant les exaltions perpétrées hier 14 mars sur la famille.
Selon les informations recueillies par Oubangui Médias, une dizaine d’hommes armés, soupçonnés d’être des membres de la milice « Requins », proches du pouvoir, ont fait irruption au domicile de l’Honorable Massickini dans le quartier Sango dans le 2ème arrondissement de Bangui. Au moment de l’attaque, le député, probablement vainqueur de ce nouveau quinquennat, visitait les centres de vote pour évaluer la situation.
Les assaillants ont saccagé la maison, violenté et violé l’épouse du député, dont nous préservons l’anonymat, avant d’enlever son fils Christ Massikini, qui avait joué un rôle crucial dans la campagne de son père et avait réussi à contrecarrer plusieurs tentatives de fraude électorale.
Le lundi 15 mars, sur place, Oubangui Médias a constaté que les portes de la maison étaient hermétiquement fermées. Un voisin, qui a secouru l’épouse du député, a raconté : « Il était presque 20h quand nous avons entendu des bruits chez l’Honorable. Il n’a pas son quartier général ici et était à l’extérieur. Son fils coordonnait les opérations sur place. Ces hommes armés ont proféré des menaces tout en saccageant la maison. Ils ont isolé le fils avant de l’enlever. Après leur départ, nous, sans défense, sommes venus secourir la dame, laissée au sol, inconsciente. Elle a été conduite à l’hôpital pour des soins, et son mari, sous la menace, ne pouvait revenir à la maison. »
Contacté plusieurs fois par téléphone, le député a finalement répondu et a déclaré : « Je suis sous le choc. Ma famille a subi des violences le soir des élections. Je n’en dirai pas plus pour le moment. »
D’après nos informations, le député se serait réfugié dans un restaurant appartenant à un opérateur économique français. Ce restaurant, qui accueille plusieurs expatriés, est hautement sécurisé.
Contactée, l’équipe de campagne du candidat du parti au pouvoir a rejeté toute responsabilité dans l’attaque du domicile du député, imputant cet acte à des « inconnus ».
Il convient de noter que cet événement n’était pas inattendu. Dans notre analyse publiée le 7 janvier 2021, Oubangui Médias avait anticipé une campagne électorale particulièrement tendue.
Lire l’article : Centrafrique : Le second tour des législatives s’annonce tendue dans le 2e arrondissement 2.
Fridolin Ngoulou

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