Nadine Kossi présidente de l’association Action Solidaire fait le bilan des activités réalisées en 2023 et projette l’année 2024. Elle s’est livrée à l’Oubangui Médias lors d’un séjour à Bangui
Oubangui Medias : Nadine Kossi, Présidente de l’association Action Solidaire bonjour. Vous avez mené plusieurs activités en 2023, pouvez-vous nous situer sur le bilan en général de votre association qui œuvre dans le domaine de la santé et de l’éducation ?
Nadine Kossi : Bonjour. Je dirais que le bilan de l’année 2023 est un bilan très satisfaisant par rapport à l’année 2022. Il a eu beaucoup d’actions qui ont été menées, des ateliers qui ont été faits ainsi que des assistances. L’objectif fixé sur l’année 2023 est atteint à 100%. On a débuté l’année par un soutien à l’association des élèves du lycée scientifique Ben Rachid, nous leurs avons apporté un appui concernant la mise en place d’un atelier financé à 100% par l’Action Solidaire. Ensuite nous avons apporté une assistance à l’école maternelle de Benz-Vi par le nettoyage de toute l’école. On a mis de la propriété, le désherbage dans la cours en question puis la célébration de la journée internationale de l’hygiène menstruelle qui a été célébrée pendant une semaine. Nous avons également eu beaucoup d’activités qui ont été réalisées, un spot publicitaire a été fait, on a fait le micro trottoir, la parole a été donnée à la population pour s’exprimer sur la journée internationale de l’hygiène menstruelle qui a été décrétée par l’OMS depuis 1994 mais jamais célébrée en RCA.
Nous avons organisé des compagnes de sensibilisation. On a regroupé tous les lycées de la capitale au niveau du lycée Professionnel Féminin, y a eu les personnels de l’éducation nationale et de la santé qui étaient là pour étayer les élèves en leur apportant des réponses concrètes aux questions dont ils se posent concernant la thématique de la santé et l’hygiène menstruelle de la femme centrafricaine.
Nous avons été auprès de nos sœurs musulmanes, comme vous le savez dans cette communauté, les coutumes prédominent. Donc on a essayé de discuter, de faire de la sensibilisation, de communiquer avec eux autour de cette thématique. Parmi cette couche de la population, les hommes étaient aussi présents. Et on a fini cette journée avec une grande sensibilisation dans la commune de Damara par ce que cette année on n’a pas voulu nous contenter de la ville de Bangui mais sortir un peu, pour voir ce qui se passe à l’extérieur du pays, voilà ce qu’on avait eu à faire concernant cette journée.
Ensuite y a eu la journée internationale de la drépanocytose dont Action Solidaire était partenaire en contribuant par une aide financière, y a eu l’assistance aux enfants du centre de drépanocytose, nous avons pris en charge 25 patients en payant leurs frais d’hospitalisation sur une année et on leur a fait un don des 70 paires de draps, par ce que j’ai vu la condition dans laquelle ces enfants sont hospitalisés.
Action Solidaire a sélectionné sur un critère bien défini les enfants les plus démunis et à payer leurs scolarités sur toutes l’année 2023. Il y a eu une assistance aux orphelins du centre Amours Porteurs de Vie, y a eu aussi des cris de détresse des populations un peu partout dont j’ai répondu présente.
Nous avons aussi assisté les élèves de l’école des sourds et muets. Nous les avons accompagnés dans l’organisation des activités de fin d’année par une aide financière. Nous avons contribué à faire construire le mat et le drapeau pour permettre à ces enfants de chanter l’hymne national, parce que le Directeur m’a fait part que depuis 30 ans que cette école existe, il a bien envie que les lundis matins, ces enfants puissent chanter l’hymne national.
Aussi, il a eu le prix d’excellence au complexe B. Sillas, où on a trié sur les volets les 3 premiers de chaque classe à qui on a offert des kits scolaires et des diplômes. Y a eu la journée internationale de droit de l’enfant. En collaboration avec 5 autres associations, Action Solidaire a mené des actions ludiques au niveau de l’école Centre Filles. Nous avons expliqué aux enfants leurs droits et devoirs. Durant toutes les vacances scolaires, l’Action Solidaire a sillonné des quartiers du 5e et 8e arrondissement pour faire la sensibilisation autour de l’hygiène menstruelle.
Oubangui Medias : Parmi tous ce que vous avez faits quelle est le projet le plus important qui tient à votre cœur ?
Nadine Kossi : le plus gros projet que nous avons réalisé cette année a été le manuel sur l’éducation à l’hygiène menstruelle et c’est une belle réussite par ce qu’il n’existe pas un manuel en tant que tel en Centrafrique pour permettre aux jeunes filles et à la femme centrafricaine d’avoir les notions sur l’hygiène menstruelle et ce manuel a été validé par les experts du ministère de la santé et de l’éducation.
Oubangui Médias: et quel est votre projection de 2024 ?
Nadine Kossi : Là, nous sommes en train de réfléchir sur le projet. Rien n’est encore arrêté, nous allons continuer dans cette lancée de l’année 2023, mais monter en puissance par ce que mon souhait le plus cher c’est de toucher la population rurale et j’ose espérer que j’aurai cette force et le moyen nécessaire de pouvoir sillonner les villes et les compagnes, les villages de la République Centrafricaine pour faire de la sensibilisation sur la thématique qui me tient cher à cœur c’est à dire la thématique de la santé et l’hygiène menstruelle de la jeune fille et femme centrafricaine sans oublier également les ateliers dont je me suis engagée avec mon équipe à pouvoir faire pour les enseignants qui se trouvent dans d’autres inspections académique en dehors de celle de Bangui. Donc les objectifs de 2024 sont en cours mais ne sont pas encore finalisés. Cependant, je pense que ça sera sur le même élan que pour 2023.
Oubangui Médias : Vous travaillez en faveur des jeunes filles et femmes centrafricaines, quelle est votre vision auprès de ces dernières ?
Nadine Kossi : Je voudrais faire des jeunes filles centrafricaines des élites en ce sens qu’elles ont les mêmes capacités, les mêmes niveaux que les hommes et pourquoi se contenter de ne pas essayer de donner le meilleur d’elles-mêmes. Je veux que la jeune fille centrafricaine se dise d’ici demain, je peux aussi être Directrice, Présidente de la République, Première Ministre. Raison pour laquelle, Action Solidaire met un accent très particulier sur l’éducation des jeunes filles centrafricaines et je pense qu’il suffit juste de donner les moyens à ces jeunes filles là, beaucoup les sensibiliser, mettre l’accent sur le fait que la femme est capable de prendre elle-même en charge qu’elles ne doivent pas attendre que tout dépend de l’homme non. La femme centrafricaine peut être une femme leader comme nous le voyons dans les pays de l’Afrique de l’ouest. Donc, je compte faire de cela mon cheval de bataille travailler énormément avec les jeunes filles centrafricaines, leur faire changer de mentalité, pour qu’elles aient une mentalité de vainqueur de leader et de championne.
Oubangui Médias : Vous êtes Présidente de cette association et vous ne vivez pas au pays, comment est-ce que vous gérez cette association ?
Nadine Kossi : Vous savez de nos jours, nous sommes à l’ère de la digitalisation. Internet et les moyens de communication sont nombreux. J’ai une équipe sur place à Bangui. Une équipe dynamique sur laquelle je peux m’appuyer, une équipe qui a pris un engagement. Par ce que vous le savez ce que nous le faisons au sein de l’association Action Solidaire c’est du bénévolat, on est pas payé c’est une cause qui nous tient à cœur, une cause pour laquelle on a donné de notre temps, une cause pour laquelle on essaye de faire que les choses changent et pour ça je me suis entourée d’une équipe dynamique surplace donc je ne m’inquiète pas, par ce qu’on est en permanence en communication on essaye de faire des réunions en zoom donc il y a des trucs pour lequel franchement je n’ai pas besoin de m’impliquer personnellement je sais que je peux compter sur l’équipe et que l’équipe est capable de faire le job, voilà brièvement le fonctionner au sein de l’association action solidaire.
Oubangui Médias : Présidente Nadine Kossi, nous vous remercions !
Nadine Kossi : C’est à moi de vous remercier
Interview réalisée par Dorcas Bangui Yabanga

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