Longtemps considérée comme un domaine réservé aux hommes, la fabrication de marmites voit aujourd’hui des femmes s’y engager avec courage et détermination. En ce mois de mars consacré aux droits et à la valorisation des femmes, nous avons rencontré Sandrine Ndakpa, une mère de famille qui s’impose dans ce métier exigeant, brisant les stéréotypes et prouvant que la force et la volonté ne dépendent pas du genre.
À l’entrée de Bégoua, après le pont Ngola, se trouve un atelier de fabrication de marmites où Sandrine travaille depuis plusieurs années. Née à Bossangoa, cette femme de 1,65 m au teint marron est mère de deux enfants. Chaque jour, elle manie le métal et le feu aux côtés des hommes, démontrant une endurance et une ténacité remarquables.
Son parcours n’a pas été simple. Après avoir interrompu ses études en classe de quatrième, Sandrine s’est essayée à divers petits commerces. Malheureusement, ces activités n’ont pas prospéré. Refusant de rester dépendante de son mari, elle a pris la décision de le rejoindre dans l’atelier de fabrication de marmites. Ce choix, loin d’être anodin, lui a permis de trouver une voie professionnelle stable et de contribuer activement aux besoins de sa famille.
« Avant, je faisais de petits commerces mais ça ne marchait pas bien. Je ne voulais pas rester à la maison pour dépendre de mon mari. Alors j’ai décidé de le rejoindre dans cet atelier afin de contribuer pour notre famille. Grâce à ce travail, je paie la scolarité de mes enfants, le loyer, mes habits et quand mon mari est coincé, c’est moi qui gère la maison », confie-t-elle avec fierté.
Au-delà de son propre engagement, Sandrine se veut une source d’inspiration pour les autres femmes. Elle encourage les jeunes filles et les mères au foyer à venir se former dans l’atelier, rappelant que la formation y est gratuite et qu’elle ouvre des perspectives d’autonomie financière.
« J’exhorte mes sœurs qui attendent tout de leur mari, même le charbon de 50 francs. Quand le mari n’a pas, les enfants dorment affamés. Je leur conseille de venir se former ici, car cela permet d’acquérir des compétences utiles pour l’avenir », insiste-t-elle.
Son chef d’atelier, Weyassere Baudoin, ne tarit pas d’éloges à son sujet. Après quatre années de collaboration, il souligne son courage et sa détermination :
« Je suis très satisfait de ce qu’elle fait avec nous. Elle travaille comme les hommes et plusieurs femmes qui passent par ici apprécient son engagement. Certaines demandent même à se former en la voyant à l’œuvre. »
L’histoire de Sandrine Ndakpa illustre parfaitement la capacité des femmes à s’imposer dans des métiers traditionnellement masculins. Elle prouve que, avec de la volonté et du courage, elles peuvent réaliser les mêmes tâches que les hommes et bâtir leur propre indépendance. Son parcours est un exemple inspirant pour toutes celles qui hésitent encore à franchir le pas vers l’autonomie professionnelle. Christelle Melvina Ganazouï

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