Le 31 juillet, c’est la Journée internationale de la femme africaine, décrétée en 1974 à l’occasion du premier Congrès de l’Organisation panafricaine des femmes (PAWO) qui était auparavant la Conférence des femmes africaines. L’événement commémoré depuis 5 décennies est l’occasion pour les mouvements de femmes du continent de faire le bilan sur la promotion les droits des femmes en Afrique, qui bute sur plusieurs défis. En Centrafrique, cette journée passe souvent inaperçu. Nina Mireille Yankinon, Coordonnatrice de l’ONG I Londö E Lekere parle de l’intérêt de cette journée avec Oubangui Médias.

Oubangui Médias : Nina Mireille Yankinon,  bonjour. Vous êtes Coordonnatrice de l’ONG I Londö E Lekere, dites-nous dans quel domaine intervenez-vous ?

Nina Mireille Yankinon : Bonjour. C’est une ONG nationale, nous sommes plus dans la protection, également pour la protection de l’enfant et l’accompagnement des victimes de VBG. Nous sommes sur le territoire national depuis 2018, et œuvrons notamment dans la ville de Bangui, Paoua, et de Batangafo.

Oubangui Médias : Pourquoi I Londo E Lekere ?

Nina Mireille Yankinon : I Londö E Lekere c’est un passage biblique qui signifie, Levons et bâtissons.  Nous sommes un peu comme Néhémie et en tant que jeune femme centrafricaine, notre but est de promouvoir le leadership féminin et pouvoir montrer au monde entier que oui, il y a aussi des jeunes filles Centrafricaines qui sont valables et qui peuvent également au même titre que certaines de l’extérieure, défendre les couleurs de leur pays la République Centrafricaine.

Oubangui Médias : L’Afrique a célébré dimanche 31 juillet 2022 la journée de la Femme Africaine. Que représente pour vous cette journée ?

Nina Mireille Yankinon : La journée de la Femme Africaine est célébrée de manière régionale, et nous célébrons la femme Africaine en tant que mère de la Nation, femme forte. Ici, je ne vais pas vraiment parler de la femme africaine, mais plus de la femme Centrafricaine par ce que nous savons tous que notre pays a vécu depuis plus de 40 ans des problèmes,  des conflits militaires et que la femme Centrafricaine a été plus victime. Là dernièrement avec les Nations-Unis, nous nous sommes rendues compte que depuis 2021 à 2022, le taux de violence sexiste a augmenté.  Donc, nous voyons que la femme centrafricaine est madrigalisée. C’est ce qui fait en sorte que nous en tant que association, nous célébrons la femme centrafricaine comme femme forte, une mère, un leader, et une femme politique également.

Oubangui Médias : Mais quelle différence faites-vous entre la journée de la Femme Africaine, le 8 mars et la fête des mères qui sont toutes dédiées à la femme ?

Nina Mireille Yankinon : La journée du 08 mars, est la journée qui marque la libération des droits de toutes les femmes sur le plan internationale. Par contre celle du 31 juillet, c’est la journée de la Femme Africaine qui a été mis en place lors d’une première session de l’union africaine. La fête des mères est célébrée sur le plan mondial pour rendre hommage aux mères. Donc, cette journée du 31 juillet est africaine, comme par exemple la journée de l’enfant africain.

Oubangui Médias : Qu’avez-vous prévu pour marquer cette journée du 31 juillet ?

Nina Mireille Yankinon : Pour marquer cette journée, nous avons prévu des émissions télés, radios, des conférences débats avec les jeunes au sein des écoles et les établissements, car nous nous rendons compte qu’en République Centrafricaine, cette journée n’est pas vraiment connue. Mais compte tenu des préparations, cette journée sera célébrée en différé.

Oubangui Médias : Il y a plusieurs actions envers les femmes en Centrafrique, des journées par ici et par là, pensez-vous que la femme a-t-elle de la valeur dans ce pays ?

 Nina Mireille Yankinon : Oui, la femme centrafricaine commence à retrouver de la valeur.  Avec l’appui de l’ONU-Femme, également de la MINUSCA et d’autres organisations nationales et internationales qui défendent les femmes sous la coordination du gouvernement,  nous nous rendons compte que la femme centrafricaine ainsi que la jeune fille centrafricaine ont retrouvé de la valeur. La femme centrafricaine n’est plus stigmatisée comme au paravent où on dit, sa place est à la maison pour faire des enfants. Avec l’appui de toutes ces organisations ainsi que des leaders jeunes que nous représentons, nous poussons les femmes et les amenons des informations adéquates pour les encourager, conseiller en disant que même si elles ont fait des enfants à très bas âges, et qu’elles n’ont pas pu terminer les études, c’est important pour elles de pouvoir reprendre où même faire une formation professionnelle.

Oubangui Médias : Nina Mireille Yankinon  nous vous remercions

Nina Mireille Yankinon : Merci de m’avoir accordée votre micro.

Interview réalisée par Fridolin Ngoulou