À Bangui, plusieurs organisations de femmes leaders, entrepreneures et juristes ont adressé une dénonciation officielle au Procureur général près la Cour d’appel, à travers Maître Bruno Gbégbia, pour protester contre des propos jugés injurieux et dégradants tenus par Gilles Ionel Gouandjika, consul honoraire de la Centrafrique en Roumanie.
Le samedi 04 avril 2026, dans la salle de conférence de l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA), des femmes leaders d’associations féminines et de plusieurs entités ont exprimé, dans leur correspondance datée du 02 avril 2026, une profonde indignation à la suite d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Dans cette vidéo, Gilles Lionel Gouandjika, fils du ministre Conseiller Fidèle Gouandjika, aurait tenu des propos offensants à l’égard des femmes centrafricaines.
Les faits remontent à la cérémonie d’investiture du président Faustin-Archange Touadéra, organisée le 30 mars dernier. Selon ces organisations, la polémique est née après le recrutement de 20 hôtesses camerounaises, mêlées à 40 hôtesses centrafricaines, pour l’organisation de ladite cérémonie. Cette décision avait suscité des critiques sur le manque de valorisation des femmes locales. Tentant de justifier ce choix dans une vidéo, Gilles Ionel Gouandjika aurait tenu des propos qualifiés de diffamatoires, injurieux et dégradants, portant atteinte à la dignité des femmes centrafricaines.
Les femmes leaders de Centrafrique estiment que ces déclarations violent plusieurs textes nationaux et internationaux, notamment les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que les conventions relatives à la lutte contre les discriminations faites aux femmes. Elles évoquent également une infraction relevant de la cybercriminalité, en raison de la diffusion de la vidéo sur les plateformes numériques.
Face à cette situation, elles demandent l’ouverture de poursuites judiciaires contre l’auteur de ces propos, Gilles Ionel Gouandjika, ainsi que la prise de mesures urgentes pour faire cesser la diffusion de la vidéo incriminée. Elles rappellent par ailleurs que ce type d’agissements ne serait pas une première et appellent à mettre fin à l’impunité en matière de violences verbales faites aux femmes.
Irène Moussa Kembé, présidente de la Coordination des femmes leaders de Centrafrique : « Nous sommes rassemblées aujourd’hui pour porter un message unanime en faveur de la lutte pour les droits des femmes, leur promotion et leur protection en Centrafrique. Le contenu de ce document s’appuie sur plusieurs textes de loi tels que le Code pénal, la loi sur la protection des données personnelles, la loi sur la cybercriminalité ainsi que la loi sur la liberté de formation. L’acte que nous avons posé aujourd’hui vise à dire officiellement que les femmes se sont levées pour dire non à toutes les injures sur les réseaux sociaux, à toute forme d’humiliation et à tout ce qui porte atteinte à la dignité des femmes centrafricaines. » A-t-elle déclaré.
Toujours dans son intervention, elle a ajouté : « Nous allons continuer la lutte. Cet acte ne concerne pas seulement Gilles Lionel, car beaucoup d’internautes insultent les femmes, et certaines femmes insultent également leurs sœurs. Mais pour le moment, nous commençons par ce cas qui est très flagrant, puisqu’il est survenu immédiatement après l’investiture du Président de la République, qui a prôné dans son discours l’impunité zéro ainsi que la promotion et la protection des droits de la femme. »
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les autorités centrafricaines ont réaffirmé leur engagement en faveur de la tolérance zéro contre les violences basées sur le genre.
Freddy Ulrich Tanga

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