Depuis quelques années, les prix des boissons augmentent en Centrafrique. Les centrafricains consommateurs se plaignent par rapport à cette flambée de prix. C’est dans ce contexte que l’Observatoire Centrafricain de la Consommation a organisé une conférence de presse mercredi 6 avril 2022 en la salle de conférence du ministère des petites et moyennes entreprises à Bangui pour échanger avec les acteurs de ce secteur sur cette problématique. 

Cette rencontre avec la presse vise à lever l’équivoque sur ce problème d’augmentation de prix de boissons alcoolisées de la brasserie Mocaf. Ceci pour interpeler le gouvernement et les opérateurs économiques et informer les consommateurs sur les raisons de cette hausse des prix.

Marcel Mokwapi président de l’Observatoire Centrafricain de la Consommation regrette cette augmentation: « La brasserie a encore augmenté le prix au mois de mars 2022. Je vous dis qu’avant cette période, nous avions organisé une conférence de presse en 2021, où j’ai eu la présence du président d’un des groupements des distributeurs qui est l’honorable Mathurin Massikini. Il a même dénoncé le fait qu’il  y a des grossistes qui essaient de faire des spéculations sur les prix ».

Pour lui, la décision d’augmenter le prix dans une société ou une industrie ne se fait pas au hasard. Lorsqu’une société telle que la brasserie Mocaf décide de faire une augmentation de prix, elle devrait avant tout consulter le ministre de tutelle en l’occurrence le ministère du commerce et de l’industrie, mais aussi les partenaires directs qui sont les grossistes et voire même informer les consommateurs.

 Alain Heraibi, Directeur General du Groupe Castel, présent à cette rencontre dit le contraire: « Nous avons transmis le 19 janvier une demande d’augmentation de prix au ministère du commerce et cela a été validée après tous nos arguments d’avoir pour justifier cette augmentation. Le travail s’est fait au niveau du ministère du commerce et discuté avec les grossistes. Le ministère a pris un arrêté d’augmentation pour le 15 mars dernier et cela est devenu effectif le 21 mars. Nous notons que depuis 2018, nous n’avons pas augmenté des boissons à la brasserie mais nous avons supporté les coûts » a-t-il expliqué.

Il donne les vraies raisons de cette augmentation. « Nous étions à un moment donné contraints au vue de surcoût des importations d’augmenter les tarifs de la bière mais aussi des coûts de transport. Donc une simple illustration c’est effectivement une augmentation de 27%».

En effet, une boisson qui se vendait à 600 se vend actuellement à 800 FCFA. Mais sur le terrain, des commerçants spéculent sur les prix jusqu’à 1000 FCFA la bouteille.

Pour Cyril Dengoyana Dotte, président de l’Association des Distributeurs en Gros des Boissons en Centrafrique (ADGBC), son organisation a été informée par la brasserie au sujet de l’augmentation des prix mais ADGBC avait juste demandé d’homologuer le prix. « Je pense que la brasserie a saisi le ministère du commerce. Nous sommes passés en homologation et nous avons tous validé les prix. Nous ne pouvions en aucun cas refuser une augmentation quand elle est validée par le ministère du commerce », dit—t-il.

Dans ce secteur de commercialisation des boissons, il existe deux associations : L’Association des Distributeurs en Gros des Boissons en Centrafrique et Association National des Distributeurs des Boissons (ANDB).                        Dorcas Bangui Yabanga