Dans le cadre de la première édition des journées de l’observatoire du Cabinet Peace and Développement Watch, des acteurs de la société civile se sont réunis le mardi 29 août en salle de l’auditorium de l’Alliance Française de Bangui pour discuter des « enjeux prospectifs de la société civile centrafricaine ».

Une occasion qui a permis à ces derniers d’identifier les problèmes qui minent leur milieu afin d’envisager des solutions pouvant renforcer l’engagement des organisations de la société civile centrafricaine. Une initiative du Cabinet Peace and Développement Watch, une organisation privée qui veut offrir un espace de dialogue permanent à la société civile centrafricaine, lui permettant de débattre des sujets liés au présent et à l’avenir du pays, hors de ceux organisés par les militants du parti au pouvoir.

Ils sont venus de différentes organisations de la société civile pour prendre part à ces assises d’une journée  qui ont permis à différents panelistes de déceler les maux qui freinent l’épanouissement des nouvelles organisations de la société civile centrafricaine à travers les thématiques portant notamment sur les enjeux prospectifs pour les organisations de la société civile de jeunes et femmes, dans le domaine électoral et dans le domaine de l’art et de l’humanitaire, inscrites à l’ordre du jour.

Maître Hyacinthe Bruno Gbiegbia,  acteur de la société civile, l’un des panelistes se dit satisfait des échanges. « J’ai un sentiment positif parce que les participants ont été d’abord très intéressés par les thèmes. Cela s’est ressenti par le nombre des questions qui ont été posées et le nombre de contributions qui ont été faites en plus des questions qui restent à poser. Mais, nous sommes limités par le temps et on est obligé d’arrêter l’activité. Je suis déjà très satisfait de cette journée et de l’initiative », s’est-il réjoui.

Il profite de l’opportunité pour donner un conseil à tous les acteurs des organisations de la société civile : « Lorsque nous de la société civile, nous nous engageons à faire des remarques aux autres, nous devons être exemplaires. Il faudrait que nous puissions respecter les textes juridiques. C’est pour cette raison que certains participants nous le reprochaient. Pour aller dans la société civile, il faut de la détermination et il faut être neutre parce qu’un acteur de la société civile doit se garder de choisir un camp politique, il doit être neutre pour s’activer sur l’objet pour lequel l’association a défini au préalable comme cheval de bataille ».

Une fierté pour Tryphene étudiante à l’université de Bangui qui était aussi présente : « Je suis hyper contente de ces échanges et surtout du cadre qui nous a permis de nous exprimer sur la réalité des associations de notre pays et je demande seulement que de telles occasions soient permanentes pour encourager le dialogue entre différents acteurs de la société civile ».

Ces vœux susmentionnés répondent tout de même aux soucis de la directrice du cabinet Peace and Développement Martine Kessy Ekomo Soignet qui a eu l’initiative d’offrir ce cadre d’échange.  Elle estime qu’il n’y a pas assez d’espace d’échange permanent sur les questions sociales entre les différents acteurs de la société civile. « Les journées de l’observatoire sont nées d’un constat qui est celui qu’il n’existe pas un espace qui réunit la société civile centrafricaine pour prendre le temps de réfléchir aux actions qu’elles sont en train de mener et comment est ce qu’elle peut converger leur force pour pouvoir avoir un impact sur le terrain. Et aussi d’identifier avec eux les priorités et les enjeux présents et à venir pour le pays », a-t-elle évoqué.

Ayant rassemblé des éléments lors des échanges, Martine Kessy Ekomo Soignet fait un résumé de  cette première édition en ces termes: « On considère que c’est un succès parce que nous sommes à plus d’une centaine des organisations présentes et on a ce mélange intergénérationnel entre les teneurs de la société civile et des organisations des jeunes. En conclusion, il y a un enjeu clair en matière d’une franche collaboration, un besoin d’accès à l’information et un besoin d’être plus au courant de ce que fait l’Etat pour pouvoir jouer le rôle de contrôle ».

En effet, le rapport de cette première édition sera publié dans les jours à venir. L’organisatrice projette la deuxième édition de ces journées de l’observatoire dans le premier trimestre de l’année 2024. Cette deuxième édition portera sur des sujets brûlants qui méritent d’être débattus.

Belvia Espérance Refeïbona