À 3 h du matin, nous avons sillonné les 2 et 8 arrondissements de Bangui. Devant un château d’eau, des bidons jaunes sont alignés en longue file, les femmes et les enfants se bousculent pour avoir de l’eau.

Manuella Koudou, qui déplore la situation, témoigne : « Nous sortons à 1 h, parfois à 2 h, pour chercher de l’eau. Et pour en trouver, il nous faut parfois attendre jusqu’à 16 h ou 17 h c’est vraiment pénible j’implore le gouvernement à nous venir en aide. »

Magloire Feïndjiri, un ravitailleur d’eau potable, nous explique les modalités du ravitaillement en eau dans ce secteur. Il présente les difficultés qu’il rencontre et lance un cri d’alerte au gouvernement : « Comme vous pouvez le constater, la population vient s’approvisionner en eau potable ici. J’ai payé le baladeur de 2 000 litres, ce qui me permet de remplir et de distribuer l’eau à tout le monde. Pour cela, je vends un bidon jaune à 50 F. Cette contribution me permet de couvrir les frais de carburant. Je peux aussi vous informer que, face à cette situation de pénurie d’eau, j’enregistre entre 900 et 1 000 bidons jaunes par jour. »

« Les principales difficultés que nous rencontrons concernent l’instabilité de l’électricité. Celle-ci n’est pas régulière et, si elle fonctionnait normalement, nous n’aurions aucun problème pour ravitailler notre secteur en eau potable. Ma plainte envers le gouvernement est donc de nous aider à résoudre ce problème d’électricité. >>

Le dimanche dernier, le monde a célébré la Journée mondiale de l’eau. Malgré cela, certains quartiers et provinces continuent de faire face à des difficultés d’accès à l’eau potable. Il faudrait que le gouvernement trouve une solution face à cette situation de pénurie d’eau en Centrafrique en offrant des forages, car l’eau, c’est la vie.      Oloria Sang